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	<title>Afriques 21 | Revue des alternatives africaines</title>
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	<description>Afriques 21 est une revue &#224; but non lucratif r&#233;alis&#233;e par des b&#233;n&#233;voles. Elle a pour objectif de se faire l'&#233;cho d'analyses, d'informations et d'initiatives d'organisations associatives et syndicales qui luttent afin d'obtenir une r&#233;elle alternative pour les peuples africains. Afriques 21 est et restera ind&#233;pendante financi&#232;rement et dans son fonctionnement de toutes les institutions politiques, &#233;conomiques et religieuses. Son comit&#233; de r&#233;daction est compos&#233; d'associations, de syndicats ainsi que de personnes se reconnaissant dans sa ligne &#233;ditoriale et dans son mode de gestion collectif.</description>
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		<title>Afriques 21 | Revue des alternatives africaines</title>
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		<title>Arenc : au matin des centres de r&#233;tention</title>
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		<description>L'histoire de l'enfermement des &#233;trangers en France ne commence pas &#224; Arenc. Arenc, ce n'est qu'un lieu dont personne ne se pr&#233;occupe et qui bient&#244;t n'existera plus. Pourtant, c'est dans l'utilisation que l'administration a faite de ce hangar v&#233;tuste du port autonome de Marseille qu'ont &#233;t&#233; rationalis&#233;es les pratiques d'expulsion, de refoulement et de reconduite &#224; la fronti&#232;re des &#233;trangers jug&#233;s ind&#233;sirables. Arenc, c'est l'anc&#234;tre des centres de r&#233;tention ; son histoire nous raconte l'av&#232;nement de ces (...)

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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.afriques21.org/IMG/arton17.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;2461&quot; height=&quot;1845&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;L'histoire de l'enfermement des &#233;trangers en France ne commence pas &#224; Arenc [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; id=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Par extension, nous utilisons le terme &#171; Arenc &#187; pour parler du hangar au (...)' &gt;1&lt;/a&gt;]. Arenc, ce n'est qu'un lieu dont personne ne se pr&#233;occupe et qui bient&#244;t n'existera plus. Pourtant, c'est dans l'utilisation que l'administration a faite de ce hangar v&#233;tuste du port autonome de Marseille qu'ont &#233;t&#233; rationalis&#233;es les pratiques d'expulsion, de refoulement et de reconduite &#224; la fronti&#232;re des &#233;trangers jug&#233;s ind&#233;sirables. Arenc, c'est l'anc&#234;tre des centres de r&#233;tention ; son histoire nous raconte l'av&#232;nement de ces lieux d'enfermement finalement banalis&#233;s et inscrits dans le droit, r&#233;primant non pas un acte mais un &#233;tat, celui de ne pas avoir les bons papiers.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A partir des ann&#233;es 1960, la police enferme des &#233;trangers en toute discr&#233;tion sur les quais marseillais d'Arenc, afin de les faire embarquer plus facilement dans un avion ou un bateau &#224; destination de leur pays dit d'origine [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb2&quot; name=&quot;nh2&quot; id=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Il est arriv&#233; que des jeunes n&#233;s et r&#233;sidant en France soient expuls&#233;s, (...)' &gt;2&lt;/a&gt;]. Lorsque ces activit&#233;s sont d&#233;couvertes en 1975, l'affaire de &#171; la prison clandestine &#187; fait grand bruit et une importante mobilisation met en accusation le gouvernement Jacques Chirac [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb3&quot; name=&quot;nh3&quot; id=&quot;nh3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] Sous la pr&#233;sidence de Val&#233;ry Giscard d&amp;#39;Estaing' &gt;3&lt;/a&gt;]alors en exercice. Mais la r&#233;tention administrative sera finalement l&#233;galis&#233;e par le ministre Christian Bonnet en 1980. Elle ne sera jamais remise en cause et certainement pas par les socialistes qui arrivent au pouvoir alors, apr&#232;s s'&#234;tre pourtant engag&#233;s contre Arenc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Mohamed, celui par qui le scandale arriva&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Du 11 au 20 avril 1975, Mohamed Mohamed Cherif, un p&#234;cheur d'origine marocaine en situation r&#233;guli&#232;re, ne donne plus signe de vie &#224; son entourage apr&#232;s avoir r&#233;pondu &#224; une convocation au service des &#233;trangers de l'H&#244;tel de police de Marseille. Son avocat s'inqui&#232;te : Mohamed est alors en pleine proc&#233;dure contentieuse contre les autorit&#233;s consulaires de son pays, qu'il accuse de l'avoir violent&#233;, et un repr&#233;sentant marocain en France l'a d&#233;j&#224; ouvertement menac&#233; d'expulsion. Ma&#238;tre Sixte Ugolini, &#233;galement responsable local du syndicat des avocats de France (SAF), alerte alors l'opinion en tenant une conf&#233;rence de presse, parlant &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;d'enl&#232;vement &#187;&lt;/i&gt;puisque son client n'a &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pas &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; au Parquet au terme de la dur&#233;e l&#233;gale de la garde &#224; vue &#187;&lt;/i&gt;. Il harc&#232;le l'administration par t&#233;l&#233;phone et par des visites r&#233;p&#233;t&#233;es &#224; la pr&#233;fecture, et finit par obtenir d'un fonctionnaire, pr&#233;f&#233;rant garder l'anonymat, un num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone. Il le compose et se rend compte qu' &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;il y avait quelque chose. Le d&#233;bat fut vif, on me demanda comment j'avais obtenu ce num&#233;ro. Je ne savais pas &#224; quoi j'avais &#224; faire, mais je les ai pr&#233;venus que je ne l&#226;cherais&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pas &#187;&lt;/i&gt;. Deux journalistes locaux, Alex Panzani de la&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Marseillaise&lt;/i&gt;et Jean-Claude Baillon du&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Proven&#231;al&lt;/i&gt;, se saisissent de l'affaire, avertis par l'avocat qui compte secouer le panier de crabes. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Au d&#233;but, Deferre (le maire socialiste de Marseille) a voulu l&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;es faire taire, jusqu'&#224; ce qu'il comprenne que c'&#233;tait vraiment grave &#187;&lt;/i&gt;, se souvient Me Ugolini. Finalement, face &#224; l'attention que l'affaire suscite, Mohamed est rel&#226;ch&#233; juste avant d'&#234;tre embarqu&#233; &#224; S&#232;te. De retour &#224; Marseille, il peut livrer son t&#233;moignage. Il raconte alors qu'&#224; l'H&#244;tel de police, on l'a forc&#233; &#224; signer un document dont il n'avait pas pu prendre connaissance avant d'&#234;tre enferm&#233; pendant six jours &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;dans un hangar &#224; la Joliette (un quartier du 2&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ond&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;arrondissement de Marseille) sans savoir&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pr&#233;cis&#233;ment ce qui allait se passer &#187;&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb4&quot; name=&quot;nh4&quot; id=&quot;nh4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] Le Marocain &amp;#39;disparu&amp;#39; raconte..., Le Proven&#231;al, 20 avril 1975' &gt;4&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; D'&#233;tranges mouvements de fourgons &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est gr&#226;ce &#224; Latif [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb5&quot; name=&quot;nh5&quot; id=&quot;nh5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] VoirCelui qu&amp;#39;on expulsede tout dans ce n&#176;2 de Z' &gt;5&lt;/a&gt;]qu'un hangar sur les quais d'Arenc est identifi&#233; comme &#233;tant l'endroit o&#249; Mohamed, et bien d'autres,ont &#233;t&#233; et sont toujours retenus. Le 15 avril 1975, alors qu'il devrait repartir libre apr&#232;s l'audience o&#249; il est jug&#233; pour une petite affaire de droit commun, Latif est embarqu&#233; dans un fourgon de police au seuil du Palais de Justice, sous les yeux de ses parents qui sont venus le chercher. Se doutant d'un probl&#232;me, ils avertissent Me Ugolini, qui d&#233;fend leur fils, et suivent le fourgon jusqu'aux barri&#232;res du port autonome. C'est d&#233;sormais certain, le lieu d'enfermement se situe sur les quais d'Arenc. Me Ugolini poursuit l'enqu&#234;te : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Certains de mes clients d'origine &#233;trang&#232;re &#233;voquaient un curieux endroit sur les quais dont ils avaient entendu parler et d&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;es dockers me disaient avoir remarqu&#233; d'&#233;tranges mouvements de fourgons &#187;&lt;/i&gt;. Gr&#226;ce &#224; la m&#233;diatisation de l'histoire de Mohamed, d'autres parents de personnes enferm&#233;es dans le hangar se manifestent. En planque, dans la matin&#233;e du 19 avril1975, le journaliste de la&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Marseillaise&lt;/i&gt;, Alain Dugrand de&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;et le vice-pr&#233;sident du SAF Fran&#231;ois-No&#235;l Bernardi r&#233;ussissent &#224; prendre des photos du transfert de plusieurs Marocains du hangar jusqu'au bateau les renvoyant dans leur pays d'origine. Publi&#233;s dans la presse, les clich&#233;s sont la preuve ultime de l'institutionnalisation d'une pratique dont Mohamed et Latif ne sont pas les seules victimes. De nombreux autres cas d'enfermement arbitraire vont &#234;tre m&#233;diatis&#233;s par la suite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_31 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:520px;' &gt;
&lt;img src='http://www.afriques21.org/local/cache-vignettes/L520xH348/arenc-d953f.jpg' width='520' height='348' alt=&quot;&quot; style='height:348px;width:520px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une prison pas si clandestine que &#231;a&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une partie de la presse ainsi que les personnes mobilis&#233;es pour d&#233;noncer l'affaire prennent l'habitude de parler d'Arenc comme d'une &#171; prison clandestine &#187;. Clandestine aux yeux des individus certes, mais pas pour l'administration. En effet, le fonctionnement d'Arenc n'&#233;chappe pas aux autorit&#233;s, il n'est pas seulement le fait de quelques fonctionnaires z&#233;l&#233;s. Le b&#226;timent a fait l'objet d'une transaction entre le propri&#233;taire des murs, la Chambre de Commerce et d'Industrie de Marseille, et le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur en 1963 [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb6&quot; name=&quot;nh6&quot; id=&quot;nh6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] Une prison clandestine de la police fran&#231;aise, Alex Panzani, Maspero, (...)' &gt;6&lt;/a&gt;]. Son existence est connue jusqu'au sommet de la hi&#233;rarchie et ses fonctions encadr&#233;es par de hauts responsables. Lorsque le scandale &#233;clate et qu'on demande &#224; l'administration de rendre des comptes,le pr&#233;fet des Bouches-du-Rh&#244;ne Pierre Somveille assume ainsi publiquement l'utilisation du hangar en d&#233;clarant prendre &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'enti&#232;re responsabilit&#233; des mesures concernant les &#233;trangers dans les Bouches-du-Rh&#244;ne&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'emprisonnement &#224; Arenc n'est r&#233;gi par aucune loi, aucun r&#232;glement public ; aucune proc&#233;dure officielle ne semble exister pour conf&#233;rer &#224; d'autres autorit&#233;s que celle du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur un droit de regard sur ce qui s'y passe. Ainsi, pendant une d&#233;cennie, pas de magistrats, pas d'avocats, pas de b&#233;n&#233;voles, pas de journalistes : personne pour restreindre le pouvoir discr&#233;tionnaire de la pr&#233;fecture en mati&#232;re d'enfermement des &#233;trangers, personne pour porter un regard sur les pratiques mises en &#339;uvre. M&#234;me dans les &#171; camps d'assignation &#224; r&#233;sidence surveill&#233;e &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb7&quot; name=&quot;nh7&quot; id=&quot;nh7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] La politique des camps d&amp;#39;internement, Benjamin Stora, L&amp;#39;Histoire n&#176; 140 (...)' &gt;7&lt;/a&gt;], o&#249; &#233;taient maintenus les &#233;trangers suspect&#233;s de soutenir le FLN [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb8&quot; name=&quot;nh8&quot; id=&quot;nh8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] Le Front de lib&#233;ration nationale &#233;tait un parti socialiste cr&#233;&#233; en 1954, (...)' &gt;8&lt;/a&gt;]pendant la guerre d'Alg&#233;rie entre 1958 et 1962, l'administration faisait l'objet d'un contr&#244;le de la part des &#233;lus locaux, des journalistes et d'associations telles que la Croix-Rouge et la Cimade [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb9&quot; name=&quot;nh9&quot; id=&quot;nh9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[9] Le Comit&#233; inter mouvement aupr&#232;s des &#233;vacu&#233;s est cr&#233;&#233; en 1939 et s&amp;#39;engage (...)' &gt;9&lt;/a&gt;]. Mais la diff&#233;rence entre un camp [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb10&quot; name=&quot;nh10&quot; id=&quot;nh10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[10] Quand nous parlons de &#171; camp &#187;, nous entendons &#171; camp d&amp;#39;internement (...)' &gt;10&lt;/a&gt;]comme celui du Larzac, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'un des plus importants camps dans les annales fran&#231;aises de l'int&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ernement administratif &lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb11&quot; name=&quot;nh11&quot; id=&quot;nh11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[11] Entre r&#233;pression polici&#232;re et prise en charge sanitaire et sociale : le (...)' &gt;11&lt;/a&gt;], et Arenc, c'est la discr&#233;tion. Le camp du Larzac ne pouvait &#233;chapper &#224; une vigilance ext&#233;rieure, &#233;tant donn&#233; sa visibilit&#233; sur le territoire et l'impact important sur son environnement, en termes &#233;conomiques et policiers. Arenc, &#224; l'inverse, s'installe et fonctionne sans faire parler de lui. L'inauguration se fait en catimini avec le commissaire d'arrondissement, et le port autonome offre une enceinte s&#233;curis&#233;e o&#249; l'on ne peut entrer encore aujourd'hui que muni d'une autorisation. Les CRS qui s'occupent dans un premier temps de la surveillance sont remplac&#233;s par les agents de la police aux fronti&#232;res (PAF) pour plus de discr&#233;tion [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb12&quot; name=&quot;nh12&quot; id=&quot;nh12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[12] Une prison clandestine de la police fran&#231;aise, Alex Panzani, Maspero, (...)' &gt;12&lt;/a&gt;]. Pas de barbel&#233;s, pas de baraques, rien n'est visible de l'ext&#233;rieur. Seul un escalier surplomb&#233; par une sorte de mirador o&#249; un agent surveille les all&#233;es et venues sans se faire remarquer pourrait laisser penser que ce hangar-l&#224; n'est pas comme les autres. Pr&#233;figurant les choix qui seront faits par la suite pour la construction des centres de r&#233;tention administrative (CRA), l'architecture du hangar permet isolement et discr&#233;tion par rapport au reste de la population. D'ailleurs, lorsque le CRA de Marseille est transf&#233;r&#233; du port au quartier du Canet en 2006, le projet de construction explique qu'il s'agit de ne perdre aucun des avantages qu'offraient le vieux hangar : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le but est de ne rien montrer, de ne rien d&#233;montrer puisqu'il n'y a rien &#224; voir, rien&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;de visible y compris depuis l'autoroute dont nous avons affranchi les vues en cr&#233;ant une rang&#233;e de cypr&#232;s en compl&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#233;ment de la barri&#232;re v&#233;g&#233;tale existante &#187;&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb13&quot; name=&quot;nh13&quot; id=&quot;nh13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[13] Pour faire des cr&#226;nes, CQFD n&#176;35,http://cequilfautdetruire.org/spip.php (...)' &gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la disposition des locaux permet aux forces de l'ordre d'effectuer tranquillement leurs missions de garde et de transfert, les policiers ne peuvent cependant agir totalement seuls : il leur faut entrer en contact avec la justice notamment lorsqu'il s'agit de pr&#233;parer l'expulsion d'un &#233;tranger consid&#233;r&#233; comme d&#233;linquant. La mise en &#339;uvre de la double peine &#8211; le fait d'assortir une peine de prison d'une interdiction du territoire et d'une expulsion &#8211; est courante alors, et souvent des plus cavali&#232;res. Parfois, alors m&#234;me que l'&#233;tranger n'a pas encore &#233;t&#233; jug&#233; coupable de l'infraction dont on le suspecte, la police vient le chercher &#224; la sortie de l'audience, le juge l'ayant pourtant plac&#233; en libert&#233; provisoire. Il est enferm&#233; &#224; Arenc le temps qu'on r&#233;dige un arr&#234;t&#233; d'expulsion &#224; son encontre et qu'on le renvoie dans son pays d'origine. C'est ce qui arrive le 4 avril 1975 au jeune Salah, qui parvient &#224; revenir clandestinement en France apr&#232;s un passage &#224; Arenc et un retour en Alg&#233;rie. Il se pr&#233;sente alors au juge un mois plus tard pour lui expliquer que c'est &#224; cause de la police qu'il n'a pas pu se pr&#233;senter au commissariat pour son contr&#244;le judiciaire, dans le cadre d'une affaire de d&#233;tention de p&#233;tards [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb14&quot; name=&quot;nh14&quot; id=&quot;nh14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[14] Graves rebondissements dans l&amp;#39;affaire de la prison clandestine, Alex (...)' &gt;14&lt;/a&gt;]... D'autres &#233;trangers sont tout simplement remis &#224; la police &#224; leur lev&#233;e d'&#233;crou, pour une &#171; v&#233;rification administrative &#187;, qui se termine dans un bateau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon le magistrat Louis Bartolomei, &#171; t&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;oute la magistrature n'&#233;tait pas au courant, mais le juge&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;d'application des peines devait savoir &#187;&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un jour, un auditeur de justice (un &#233;l&#232;ve de l'Ecole nationale de la magistrature) en stage aupr&#232;s d'un juge d'application des peines nous a parl&#233; d'Arenc lors d'une r&#233;union, comme si de rien n'&#233;tait. Il s'y &#233;ta&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;it rendu mais ne savait pas que nous n'&#233;tions pas au courant. C'est comme &#231;a que j'ai appris l'existence de cet endroit &#187;&lt;/i&gt;. L'affaire provoque des remous dans le petit monde judiciaire marseillais mais, au sommet, la discr&#233;tion reste de mise. Jean Lecanuet,le ministre de la Justice [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb15&quot; name=&quot;nh15&quot; id=&quot;nh15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[15] De mai 1974 &#224; ao&#251;t 1976, sous le gouvernement Chirac du pr&#233;sident (...)' &gt;15&lt;/a&gt;], pr&#233;f&#232;re laisser aux bons soins de Michel Poniatowski, ministre de l'Int&#233;rieur [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb16&quot; name=&quot;nh16&quot; id=&quot;nh16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[16] De mai 1974 &#224; avril 1977, m&#234;me gouvernement.' &gt;16&lt;/a&gt;], le r&#232;glement de cette affaire, qui rel&#232;ve pourtant du respect des libert&#233;s, mission confi&#233;e &#224; l'autorit&#233; judiciaire par l'article 66 de la Constitution de 1958.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais il semblerait que certains magistrats n'aient pas &#233;t&#233; les seuls &#224; conna&#238;tre les pratiques polici&#232;res men&#233;es &#224;Arenc. Dans l'historique pr&#233;sent&#233; sur son site Internet, l'Association pour le d&#233;veloppement des relations intercommunautaires &#224; Marseille (Adrim) affirme avoir pris en charge &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; la gestion du centre de r&#233;tention d'Arenc &#187;&lt;/i&gt;dans les ann&#233;es 1960 [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb17&quot; name=&quot;nh17&quot; id=&quot;nh17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[17] http://www.adrim.fr/Association_Historique.htm' &gt;17&lt;/a&gt;]. L'Adrim a &#233;t&#233; fond&#233;e en 1950 sous l'appellation d'Aide aux travailleurs d'outre-mer (Atom) afin de rem&#233;dier aux &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;difficult&#233;s d'insertion de la population nord-africaine primo-arrivante &#224; Marseille &#187;&lt;/i&gt;. Sous la coupe de Louis Belpeer, un universitaire chr&#233;tien, l'Atom cr&#233;e sur la ville un vaste r&#233;seau de travail social qui devient incontournable avec le temps, jusqu'aux ann&#233;es 1980 o&#249; l'association se fait &#233;pingler pour sa gestion des subventions &#233;tatiques, jug&#233;e trop opaque par la Cour des Comptes. Elle est alors refond&#233;e sous le nom d'Adrim, abandonne son fonctionnement paternaliste et perd sa mainmise sur les activit&#233;s sociales aupr&#232;s des &#233;trangers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Outre la cr&#233;ation de foyers et la mise en place de formations &#171; d'initiation &#224; la vie moderne &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb18&quot; name=&quot;nh18&quot; id=&quot;nh18&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[18] Rapport sur l&amp;#39;association Atom et le centre de pr&#233;-formation de (...)' &gt;18&lt;/a&gt;], l'Atom est impliqu&#233;e dans le fonctionnement d'Arenc. Aupr&#232;s des quelques personnes contact&#233;es ayant travaill&#233; pour l'Atom, les souvenirs sont difficiles &#224; faire resurgir concernant les activit&#233;s de l'association sur les quais. Plusieurs paraissent m&#234;me &#233;tonn&#233;es d'apprendre le lien de l'Atom avec Arenc, qui est pourtant inscrit sur Internet. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Je crois qu'il y avait une de nos anten&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;nes sur les quais, mais celui qui s'en occupait est d&#233;c&#233;d&#233; &#187;&lt;/i&gt;, raconte, h&#233;sitante, une salari&#233;e de l'Adrim qui travaillait d&#233;j&#224; du temps de l'Atom&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;.&lt;/strong&gt;En effet, &#171; l'accueil &#187; des migrants faisait partie des missions de l'Atom qui avait &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;deux &#8216;antennes' &#224; la g&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;are et au port avec un service de &#8216;premier secours', de renseignements et de r&#233;glementation &lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb19&quot; name=&quot;nh19&quot; id=&quot;nh19&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[19] &#171; La plupart de l&amp;#39;activit&#233; porte sur les renseignements de tout ordre. (...)' &gt;19&lt;/a&gt;]. Mais il semblerait que Louis Belpeer, aujourd'hui disparu, en savait davantage. Dans les ann&#233;es 1960, dans le cadre de sa mission d'accueil, il lui arrive de s'occuper d'&#233;trangers qui, ne disposant pas des documents n&#233;cessaires pour entrer sur le territoire, sont maintenus sur le port pour permettre leur renvoi direct. Cette fonction ne semble pas le d&#233;ranger plus que &#231;a, jusqu'au jour o&#249; l'on commence &#224; amener sur le port des personnes qui r&#233;sident d&#233;j&#224; en France, mais auxquelles on refuse leur maintien sur le territoire. Racontant l'histoire d'une vieille femme alg&#233;rienne d&#233;barquant &#224; Marseille pendant la guerre pour se recueillir sur la tombe de son fils, il &#233;voque &#171; le frigo &#187;o&#249; la police comptait la mettre car &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;elle n'avait pas de papiers &#187;&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le frigo, c'&#233;tait un hangar qui servait&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;de zone de transit. Moi j'ai g&#233;r&#233; un de ces frigos avec du personnel, jusqu'au jour o&#249; on a mis des expuls&#233;s et plus seulement des non-admis &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-il dans un entretien r&#233;alis&#233; &#224; l'occasion d'une recherche sur l'histoire de son association qui n'a jamais &#233;t&#233; publi&#233;e. A partir de ce changement de fonction du lieu, il raconte avoir refus&#233; de collaborer : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai dit au pr&#233;fet : &#8216;Moi je ne fais&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pas le flic. Mettez des services de police, moi je ne fais pas ce m&#233;tier-l&#224;'&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La vie &#224; Arenc : &#171; Ni drame, ni myst&#232;re &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon des t&#233;moignages de retenus, les conditions de vie et d'hygi&#232;ne dans le hangar d'Arenc sont plus que pr&#233;caires. Aucun suivi juridique de leur dossier n'est assur&#233; et ils ne connaissent ni les raisons ni la dur&#233;e de leur enfermement ; leur destin est enti&#232;rement plac&#233; entre les mains de l'administration et leur quotidien dans celles de la police.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier t&#233;moignage a &#234;tre diffus&#233; par la presse sur le fonctionnement int&#233;rieur d'Arenc est celui de Mohamed, &#224; sa lib&#233;ration : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce hangar, dont les fen&#234;tres &#233;taient grillag&#233;es, il y avait 50 &#224; 60 personnes, dont deux femmes. Les conditions d'hygi&#232;ne &#233;taient presque inexistante&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;s. Le hangar &#233;tait muni de lits superpos&#233;s. Deux fois par jour, on nous apportait un repas compos&#233; d'une bo&#238;te de sardines, de deux oeufs, de fromage et de pain ; 6 ou 7 policiers en uniforme nous gardaient toute la journ&#233;e &#187;&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb20&quot; name=&quot;nh20&quot; id=&quot;nh20&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[20] Le Marocain &amp;#39;disparu&amp;#39; raconte..., Jean-Claude Baillon,Le Proven&#231;al, 20 (...)' &gt;20&lt;/a&gt;]. Plusieurs &#233;trangers viennent par la suite raconter leur s&#233;jour dans ce m&#234;me centre, corroborant ces descriptions. Certains, qui n'ont m&#234;me pas su o&#249; ils &#233;taient enferm&#233;s, reconnaissent le lieu de leur d&#233;tention gr&#226;ce aux t&#233;moignages parus dans la presse et viennent raconter leur histoire &#224; leur tour. Selon un communiqu&#233; du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur dat&#233; du 22 avril 1975, 3299 &#233;trangers sont pass&#233;s par Arenc en 1974 (70% de non-admis, 16% d'expuls&#233;s, 9% de refus de s&#233;jour et 5% de clandestins) [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb21&quot; name=&quot;nh21&quot; id=&quot;nh21&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[21] Piteuses explications de M. Poniatowski,La Marseillaise, 23 avril (...)' &gt;21&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le ministre de l'Int&#233;rieur reconnait implicitement, dans sa d&#233;claration, que le confort du centre n'a pas &#233;t&#233; la pr&#233;occupation primordiale de ses services, mais assure, grand prince, que &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;des cr&#233;dits vont &#234;tre d&#233;gag&#233;s pour am&#233;liorer les conditions d'h&#233;bergement de ce centre &#187;&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb22&quot; name=&quot;nh22&quot; id=&quot;nh22&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[22] Communiqu&#233; de presse du minist&#232;re de l&amp;#39;Int&#233;rieur, 22 avril (...)' &gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/i&gt;.Cependant, Arenc restera, jusqu'&#224; son abandon en 2006, un centre de r&#233;tention des plus critiqu&#233;s quant aux conditions de vie d&#233;plorables des retenus. Le Comit&#233; europ&#233;en pour la pr&#233;vention de la torture &#233;pingle le centre dans un accablant rapport en 1996.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A son arriv&#233;e au hangar,le retenu est d'abord emmen&#233; dans les bureaux de la PAF pour &#234;tre ensuite d&#233;sinfect&#233; &#224; la bombe a&#233;rosol dans ce qui tient lieu d'infirmerie. Les locaux o&#249; sont gard&#233;es les personnes sont divis&#233;s en cinq compartiments. Le plus grand, r&#233;serv&#233; aux &#171; Africains &#187;, ne jouit m&#234;me pas d'un lavabo. D'ailleurs, le centre n'est &#233;quip&#233; d'aucune douche. Un autre est destin&#233; aux &#171; non-admis &#187;, ceux qui n'ont pas m&#234;me eu le temps de fouler le sol fran&#231;ais, pris aux contr&#244;les douaniers en l'absence des documents n&#233;cessaires &#224; leur entr&#233;e. Dans un troisi&#232;me local sont d&#233;tenus les futurs expuls&#233;s ; ils y sont parfois enferm&#233;s avant m&#234;me que la mesure ne soit formellement prise. Un compartiment est r&#233;serv&#233; aux &#171; isol&#233;s &#187;, dont on ne sait pas encore de qui il s'agit effectivement. Enfin, les femme set les enfants sont s&#233;par&#233;s des autres prisonniers. L'hiver est glacial dans ce hangar plac&#233; en plein vent sur le port avec un syst&#232;me de chauffage rudimentaire. Chaque personne ne dispose que d'une couverture, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;particuli&#232;rement crasseuse et puante &#187;&lt;/i&gt;, o&#249; la vermine prolif&#232;re, selon des descriptions faites par un ancien pensionnaire dans les ann&#233;es 1970 [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb23&quot; name=&quot;nh23&quot; id=&quot;nh23&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[23] Une prison clandestine de la police fran&#231;aise, Alex Panzani, Maspero, (...)' &gt;23&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est difficile, voire dangereux, d'essayer de quitter cet enfer. En 1969,un homme tente de s'&#233;chapper mais, poursuivi, il se tue en s'&#233;crasant sur une verri&#232;re. En 1975, un jeune espagnol prend lui aussi beaucoup de risques pour se faire la belle. Pass&#233; &#224; travers une lucarne, il survit malgr&#233; d'importantes coupures. Des actions de r&#233;sistance collective ont &#233;galement lieu. En f&#233;vrier 1975, selon des t&#233;moignages de policiers, des Africains d&#233;tenus depuis plusieurs semaines incendient leurs matelas. Les autres personnes enferm&#233;es prennent part &#224; leur r&#233;volte et des CRS sont appel&#233;s en renfort [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb24&quot; name=&quot;nh24&quot; id=&quot;nh24&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[24] Ibid' &gt;24&lt;/a&gt;]. Malheureusement, les tentatives de suicide sont d&#233;j&#224; monnaie courante. Alors que le ministre de l'Int&#233;rieur vient d'assurer qu'&#224; Arenc, il n'y a&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pas de drame, pas de myst&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, un jeune homme s'y ouvre les veines avec une bo&#238;te de sardines [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb25&quot; name=&quot;nh25&quot; id=&quot;nh25&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[25] Un immigr&#233; &amp;#39;h&#233;berg&#233;&amp;#39; au Centre d&amp;#39;Arenc tente de se suicider,Jean-Claude (...)' &gt;25&lt;/a&gt;]. Apr&#232;s un bref passage &#224; l'h&#244;pital, encore sous le choc, il est rapidement embarqu&#233; sur un bateau partant pour l'Alg&#233;rie. Dans les trois mois qui suivent, deux autres d&#233;tenus tentent de se suicider de la m&#234;me fa&#231;on.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si, aujourd'hui, les conditions de vie en centre de r&#233;tention ne sont plus aussi dures que ce qu'elles ont &#233;t&#233; &#224; Arenc, r&#233;voltes et automutilations restent des r&#233;actions fr&#233;quentes face &#224; l'enfermement. Nous ne referons pas ici l'historique de toutes les luttes et les actes de r&#233;sistance men&#233;s par les &#233;trangers enferm&#233;s, mais nous les gardons &#224; l'esprit : le probl&#232;me dans l'existence des CRA n'est pas une question de forme. Qu'ils soient infest&#233;s de vermine ou dot&#233;s de Playstations, les CRA privent de libert&#233; des milliers d'individus au vu de simples donn&#233;es administratives.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plusieurs personnalit&#233;s politiques, tels le d&#233;put&#233; communiste Jacques Billoux et la conseill&#232;re r&#233;gionale des Bouches-du-Rh&#244;ne Jeanine Porte, demandent officiellement au pr&#233;fet,&#224; la fin du mois d'avril 1975,combien de centres de ce genre compte la France et qui en est &#224; l'initiative, mais ils n'obtiendront jamais de franche r&#233;ponse [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb26&quot; name=&quot;nh26&quot; id=&quot;nh26&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[26] Graves rebondissements dans l&amp;#39;affaire de la prison clandestine, Alex (...)' &gt;26&lt;/a&gt;]. Cependant, on comprend que le d&#233;p&#244;t de la pr&#233;fecture de police &#224; Paris remplit les m&#234;mes fonctions que le centre d'Arenc &#224; la m&#234;me &#233;poque. Il y est explicitement assimil&#233; dans un texte r&#233;dig&#233; en 1978 par les ministres de l'Int&#233;rieur et de la Justice : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s l'entr&#233;e en vigueur de la pr&#233;sente instruction, ni le centre d'Arenc ni le d&#233;p&#244;t de la pr&#233;fecture de police ne devront &#234;tre utilis&#233;s comme centres d'h&#233;bergement d'&#233;&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;trangers en instance de d&#233;part &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Du secret &#224; la banalisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les explications fournies officiellement par la pr&#233;fecture et le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, d'abord t&#226;tonnantes, sont &#233;tonnamment proches de celles qui fondent l'acceptation publique actuelle de l'utilisation des centres de r&#233;tention administrative : Arenc serait plus un centre d'h&#233;bergement qu'une prison et serait avant tout un outil n&#233;cessaire au respect effectif des lois de la R&#233;publique relatives &#224; l'admissibilit&#233; des &#233;trangers sur le territoire. Pas d'id&#233;ologie, pas de jugement de valeur, pas de proc&#232;s d'intention : ces &#233;trangers ont viol&#233; les r&#232;gles, voil&#224; pourquoi ils sont enferm&#233;s. Ainsi, les pouvoirs publics rompent, au moins dans l'argumentaire employ&#233;, avec l'internement administratif fond&#233; sur la loi du 12 novembre 1938. A l'&#233;poque, l'enfermement des personnes &#233;tait justifi&#233; par le danger potentiel qu'elles repr&#233;sentaient pour la nation au yeux du pouvoir, dans un contexte de x&#233;nophobie rampante et de guerre o&#249; il n'&#233;tait pas difficile &#224; la France de se figurer des ennemis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque les associations et la presse commencent &#224; parler d'un &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;centre parall&#232;le&lt;/i&gt; &#187; sur les quais du port autonome de Marseille, &#224; partir des t&#233;moignages de Mohamed et Latif, la pr&#233;fecture se veut rassurante et fait mine de ne pas comprendre l'affolement puisqu'il ne s'agit que d'un &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; centre d'h&#233;bergement &lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb27&quot; name=&quot;nh27&quot; id=&quot;nh27&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[27] Les d&#233;tentions arbitraires seraient pratiqu&#233;es &#224; Marseille, Le Monde, 20 (...)' &gt;27&lt;/a&gt;]. Rapidement, l'affaire ne d&#233;senflant pas, c'est au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur de prendre le relais : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'existe pas &#224; Marseille de prison clandestine ni de centre de d&#233;tention mais un centre de transit &#187;&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb28&quot; name=&quot;nh28&quot; id=&quot;nh28&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[28] Communiqu&#233; du minist&#232;re de l&amp;#39;Int&#233;rieur, 22 avril 1975' &gt;28&lt;/a&gt;]. Afin de prouver que l'administration sait ce qu'elle fait et ne s&#233;questre pas arbitrairement n'importe quel &#233;tranger qui passerait dans le coin, une liste des situations dans lesquelles les individus peuvent se retrouver &#224; Arenc est largement diffus&#233;e [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb29&quot; name=&quot;nh29&quot; id=&quot;nh29&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[29] Ibid' &gt;29&lt;/a&gt;]. Trois cat&#233;gories de personnes sont concern&#233;es officiellement : celles qui sont arriv&#233;es de leur pays sans remplir les conditions pour &#234;tre admises en France, celles qui se sont maintenues sur le territoire en situation irr&#233;guli&#232;re, et celles que l'on veut expulser apr&#232;s une condamnation notamment.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Michel Poniatowski insiste :les &#233;trangers ne sont pas d&#233;tenus mais &#171; h&#233;berg&#233;s &#187;, h&#233;berg&#233;s par des policiers arm&#233;s dans un cadre agr&#233;ablement barbel&#233;. Il assure &#233;galement que la majorit&#233; des personnes n'y s&#233;journent pas plus de deux jours [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb30&quot; name=&quot;nh30&quot; id=&quot;nh30&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[30] Le ministre de l&amp;#39;Int&#233;rieur : &amp;#39;il n&amp;#39;y a rien &#224; cacher&amp;#39;, Le Proven&#231;al, 29 (...)' &gt;30&lt;/a&gt;], ce qui fait tout de m&#234;me 24 heures de d&#233;tention arbitraire, et l'on peut se demander ce qu'il advient des autres. Quoi qu'il en soit, l'administration locale d&#233;cide rapidement de faire face &#224; la pol&#233;mique en reconnaissant l'existence du centre et en la l&#233;gitimant au nom du maintien de l'ordre public : enfermer pour pr&#233;parer l'expulsion d'un individu ayant enfreint les r&#232;gles fran&#231;aises. Afin d'illustrer le bien-fond&#233; de cette argumentation, le pr&#233;fet prend l'exemple d'un &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ressortissant d'Afrique noire &#187;&lt;/i&gt;qui, condamn&#233; pour violence, devait &#234;tre expuls&#233;. Laiss&#233; en libert&#233;, il se fait arr&#234;ter plus tard pour homicide volontaire. L'homme, souffrant de pathologies psychiatriques, est intern&#233; et pris en charge par l'aide sociale. Le pr&#233;fet conclut logiquement : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Je pense que ce cas d&#233;montre bien que, si l'on veut sauvegarder l'ordre et la tranquillit&#233; publique, il faut conserver sous surveillance administrative les &#233;trangers &#187;&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb31&quot; name=&quot;nh31&quot; id=&quot;nh31&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[31] D&#233;claration du pr&#233;fet de la r&#233;gion Provence-C&#244;te d&amp;#39;Azur Pierre Somveille (...)' &gt;31&lt;/a&gt;]. On per&#231;oit bien ici la mise en &#339;uvre de la fameuse rh&#233;torique du fait divers, lorsqu'un &#233;v&#233;nement dramatique est utilis&#233; pour stigmatiser une cat&#233;gorie de personnes avec lesquelles le &#171; coupable &#187; aurait un point commun. Ce m&#233;canisme permet alors de justifier la mise en place de mesures r&#233;pressives &#224; l'encontre de toute une population suspect&#233;e de d&#233;viance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour d&#233;dramatiser la situation, il est &#233;galement important pour l'administration de donner une impression de continuit&#233; dans les pratiques de gestion des flux migratoires : Arenc n'est pas un dispositif d'enfermement d'un nouveau genre, c'est juste une disposition sans cons&#233;quence de large port&#233;e, destin&#233;e &#224; faciliter le travail de la police et le respect de la loi. D'ailleurs, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;avant la cr&#233;ation du centre d'Arenc, les modalit&#233;s d'expulsion &#233;taient exactement les m&#234;mes. Mais de grandes difficult&#233;s ont &#233;t&#233; rencontr&#233;es pour cet h&#233;bergement d&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;epuis l'accession &#224; l'ind&#233;pendance des pays du Maghreb et d'Afrique. C'est pour faire face &#224; cette nouvelle situation qu'un centre a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; &#224; Marseille, d'o&#249; partent les navires vers l'Afrique&lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb32&quot; name=&quot;nh32&quot; id=&quot;nh32&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[32] Le &amp;#39;centre d&amp;#39;h&#233;bergement&amp;#39; d&amp;#39;Arenc a &#233;t&#233; visit&#233; par le magistrat charg&#233; (...)' &gt;32&lt;/a&gt;]. Ainsi, selon le pr&#233;fet, Arenc n'est qu'une r&#233;action des autorit&#233;s pour faire face &#224; une situation nouvelle, loin d'&#234;tre le fruit d'un projet &#224; grande &#233;chelle inscrit dans la dur&#233;e. Et &#224; l'&#233;poque, personne n'insiste pour &#233;tendre &#224; d'autres r&#233;gions des centres du m&#234;me type. Ce sont les ann&#233;es 1980 qui verront se d&#233;velopper sur le territoire un v&#233;ritable r&#233;seau de centres de r&#233;tention. La droite a pr&#233;par&#233; le terrain &#224; la gauche, arriv&#233;e alors au pouvoir, en l&#233;galisant la r&#233;tention administrative.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La voie de la l&#233;galisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon le Syndicat des avocats de France (SAF), soutenu par des syndicats ouvriers et des magistrats, toute personne enferm&#233;e &#224; Arenc, m&#234;me si sa situation entre dans les cat&#233;gories &#233;num&#233;r&#233;es par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, est victime de d&#233;tention arbitraire au regard de la loi, car enferm&#233;e plus de 24 heures sans contr&#244;le de l'autorit&#233; judiciaire [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb33&quot; name=&quot;nh33&quot; id=&quot;nh33&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[33] Nouvelles preuves de l&amp;#39;ill&#233;galit&#233; du centre de Marseille, L&amp;#39;Humanit&#233;,24 (...)' &gt;33&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plusieurs plaintes pour 'd&#233;tention arbitraire' sont d&#233;pos&#233;es d&#232;s le mois d'avril1975,notamment par Salah. Elie Loques, le doyen des juges d'instruction de Marseille, charg&#233; des plaintes pour d&#233;tention arbitraire, perquisitionne le hangar le 29 mai 1975, arm&#233; d'un plan dessin&#233; par des sources officieuses, ne faisant certainement pas confiance &#224; la visite guid&#233;e de la police [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb34&quot; name=&quot;nh34&quot; id=&quot;nh34&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[34] Perquisition du juge d&amp;#39;instruction au &amp;#39;centre&amp;#39; d&amp;#39;Arenc, Alex Panzani,La (...)' &gt;34&lt;/a&gt;]. La d&#233;marche du juge semble plut&#244;t prometteuse : convaincu que les mises en d&#233;tention &#224; Arenc sont irr&#233;guli&#232;res, il veut inculper le pr&#233;fet et les policiers. Mais, pour cela, il doit avoir l'accord du Conseil constitutionnel, une proc&#233;dure oblig&#233;e parles fonctions des personnes qu'il compte poursuivre. Le parquet met alors tout en &#339;uvre pour faire obstruction aux d&#233;cisions du magistrat, et, malgr&#233; quelques tentatives de r&#233;sistance du juge Loques, la br&#251;lante affaire finit aux oubliettes des dossiers g&#234;nants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Devant faire face dans l'urgence &#224; la d&#233;couverte d'Arenc, l'administration pr&#233;tend tout d'abord que l'ordonnance de 1945 [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb35&quot; name=&quot;nh35&quot; id=&quot;nh35&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[35] L&amp;#39;ordonnance n&#176;45-2658 du 2 novembre 1945 est la base de la l&#233;gislation (...)' &gt;35&lt;/a&gt;]lui donne le pouvoir d'utiliser un tel endroit pour faciliter l'&#233;loignement des &#233;trangers ind&#233;sirables. Mais si ce texte parle de l'assignation &#224; r&#233;sidence dans son article 28, il n'&#233;voque pas la possibilit&#233; d'une mise en d&#233;tention. La pirouette ne peut pas durer, et le gouvernement doit alors cr&#233;er les conditions juridiques n&#233;cessaires &#224; l'acceptation g&#233;n&#233;rale de l'existence d'Arenc et de la r&#233;tention administrative des &#233;trangers en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1978, les ministres Christian Bonnet [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb36&quot; name=&quot;nh36&quot; id=&quot;nh36&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[36] Ministre de l&amp;#39;Int&#233;rieur de mars 1977 &#224; mai 1981,sous le gouvernement (...)' &gt;36&lt;/a&gt;]et Alain Peyrefitte [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb37&quot; name=&quot;nh37&quot; id=&quot;nh37&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[37] Ministre de la Justice aux m&#234;mes dates.' &gt;37&lt;/a&gt;]entament la l&#233;galisation d'Arenc, en passant par la petite porte pour &#233;viter les lev&#233;es de boucliers, par la publication d'une instruction qui n'implique pas de discussion au Parlement. A cette occasion, le gouvernement tente d'apporter aux pratiques d'enfermement des &#233;trangers une base juridique en distordant des textes pr&#233;existants de fa&#231;on un peu plus &#233;labor&#233;e que ce qui avait &#233;t&#233; entrepris avec l'ordonnance de 1945. Les ministres se fondent sur l'article 120 du Code p&#233;nal &#233;tablissant les sanctions applicables aux directeurs de prison qui accepteraient un d&#233;tenu sans mandat ou, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;quand il s'agira d'une expulsion ou d'une extradition, sans ordre provisoire du gouvernement &lt;/i&gt; &#187;. Selon la subtile analyse minist&#233;rielle, ce texte est la preuve que le droit fran&#231;ais autorise la mise en d&#233;tention des &#233;trangers en voie d'expulsion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les lois de la R&#233;publique ne semblent jamais aussi utiles que lorsqu'elles sont interpr&#233;t&#233;es &#224; dessein. Mais alors, fermons Arenc et mettons tous les clandestins en prison ?Non, car au-dessus de nous veillent des humanistes. Ainsi, Michel Poniatowski explique&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;qu'en vertu de l'article 120 du code p&#233;nal, nous pourrions mettre ces &#233;trangers en maison d'arr&#234;t. Mais pour que leurs conditions ne soient pas trop p&#233;nibles, nous les envoyons au centre d'h&#233;bergement d'Arenc &#187;&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb38&quot; name=&quot;nh38&quot; id=&quot;nh38&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[38] M. Poniatowski justifiel&amp;#39;existence du centre d&amp;#39;Arenc, Le Monde, 26 (...)' &gt;38&lt;/a&gt;]. Ainsi, par cette savante entourloupe juridique, le gouvernement r&#233;&#233;crit l'histoire : Arenc a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour &#233;viter la prison aux &#233;trangers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'objectif de cette justification bricol&#233;e est finalement d&#233;finitivement rempli par une loi, qui ne consiste plus &#224; utiliser de laborieuses analyses de textes pr&#233;existants mais &#224; cr&#233;er. Cr&#233;er la r&#233;tention administrative, d&#233;finitivement inscrite dans le droit en 1980 &#224; l'initiative du ministre Christian Bonnet. Une loi vient donc couronner des d&#233;cennies de pratiques arbitraires et permettre leur d&#233;veloppement. Car, une fois nomm&#233;e, la r&#233;tention administrative est port&#233;e sur la place publique, elle sort de cette &#171; clandestinit&#233; &#187; qu'on lui reprochait, elle devient l'&#233;manation de la volont&#233; du peuple s'exprimant &#224; travers ses &#233;lus. A partir de l&#224;, la machine est en route, le gouvernement d'union de la gauche arrivant au pouvoir juste apr&#232;s prend le train en marche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les quais de Marseille : un sas efficace&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on se r&#233;f&#232;re &#224; l'organisation actuelle des dispositifs d'enfermement des &#233;trangers, Arenc remplit en son temps le r&#244;le de centre de r&#233;tention &#8211; voire m&#234;me de local de r&#233;tention administrative &#224; l'&#233;tablissement plus souple &#8211; et des zones d'attente que nous connaissons aujourd'hui et qui n'ont pas d'existence l&#233;gale &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne sait pas vraiment &#224; partir de quel moment l'administration a commenc&#233; &#224; utiliser les quais d'Arenc pour y g&#233;rer les flux de nouveaux arrivants sur le territoire fran&#231;ais. Selon les sources officielles, tout aurait commenc&#233; en 1963, date &#224; laquelle la Chambre de Commerce et d'Industrie de Marseille c&#232;de au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur l'&#233;tage sup&#233;rieur d'un grand hangar. D'ailleurs, les documents internes du &#171; centre de r&#233;tention d'Arenc &#187;, d&#233;pos&#233;s en 2007 [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb39&quot; name=&quot;nh39&quot; id=&quot;nh39&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[39] Nous n&amp;#39;avons pas pu y avoir acc&#232;s, elles ne seront consultables qu&amp;#39;en (...)' &gt;39&lt;/a&gt;]aux archives d&#233;partementales des Bouches-du-Rh&#244;ne, sont dat&#233;s de 1963 &#224; 2003. Mais si le hangar n'a commenc&#233; &#224; servir qu'en 1963, les quais d'Arenc ont toujours &#233;t&#233; un lieu strat&#233;gique pour le contr&#244;le des flux de nouveaux arrivants. Ainsi, d&#232;s le 17&#232;mesi&#232;cle, les passagers et les marchandises de navires en provenance de zones infect&#233;es par des maladies contagieuses &#233;taient maintenus en quarantaine dans le grand lazaret [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb40&quot; name=&quot;nh40&quot; id=&quot;nh40&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[40] Les lazarets &#233;taient utilis&#233;s depuis le 15&#232;mesi&#232;cle afin d&amp;#39;y garder &#224; (...)' &gt;40&lt;/a&gt;]de Saint-Martin d'Arenc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Pieds-Noirs aussi ont connu les plaisirs du s&#233;jour &#224; Arenc. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Arenc, &#231;a fon&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ctionnait d&#233;j&#224; avant 1963. Ma tante y est pass&#233;e quand elle a &#233;t&#233; rapatri&#233;e d'Alg&#233;rie en 1962 &#187;&lt;/i&gt;, raconte Mado, l'archiviste du journal la&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Marseillaise&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Elle n'y est rest&#233;e que deux jours parce que la famille est venue la chercher, mais il y en avait qui&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;restait plus longtemps &#187;&lt;/i&gt;. Ainsi avant de remplir des fonctions de zone d'attente et de centre de r&#233;tention, Arenc aurait &#233;t&#233; un lieu de transit pour les Pieds-Noirs. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Il y avait un bureau o&#249; tu devais signer des papiers, faire des d&#233;marches. Ceux qui n'av&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;aient pas les moyens de s'entretenir, qui n'avaient pas de famille, devaient rester l&#224; &#187;&lt;/i&gt;. En effet, un dispositif d'accueil pour le sPieds-Noirs est mis en place &#224; Marseille &#224; partir du 10 mai 1962, mais &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ce sas &#224; partir duquel ils sont diss&#233;min&#233;s sur le&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;territoire &#187;&lt;/i&gt;laisse &#224; ces &#171; rapatri&#233;s &#187; l'amertume du d&#233;chirement, qui plus est mal organis&#233; par les autorit&#233;s [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb41&quot; name=&quot;nh41&quot; id=&quot;nh41&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[41] 1962 : L&amp;#39;arriv&#233;e des Pieds-Noirs, Jean-Jacques Jordi, Autrement, (...)' &gt;41&lt;/a&gt;]. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Certains pensaient qu'on &#233;tait tous des colonialistes. Quand on&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;arrivait, des pancartes &#8216;les Pieds-Noirs &#224; la mer'' nous attendaient sur le port.&lt;/i&gt; &#187; se rappelle l'un d'eux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si les quais d'Arenc ont pu servir de lieu d'agr&#233;gation o&#249; les plus d&#233;munis des rapatri&#233;s d'Alg&#233;rie &#233;taient maintenus avant qu'ils ne trouvent les moyens de s'&#233;manciper [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb42&quot; name=&quot;nh42&quot; id=&quot;nh42&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[42] Ibid' &gt;42&lt;/a&gt;], les premi&#232;res traces de l'utilisation du hangar comme lieu d'enfermement d'&#233;trangers remontent &#224; 1963. Mais pourquoi 1963 ? La France n'a pas encore adopt&#233; une politique d'expulsion massive, l'immigration n'est pas encore restreinte. Au contraire, dans les ann&#233;es 1960, si les &#233;trangers doivent en principe entrer sur le territoire munis de certains documents, notamment d'un contrat de travail, il leur est ais&#233; d'obtenir leur r&#233;gularisation sur place d&#232;s qu'ils trouvent &#224; se faire embaucher [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb43&quot; name=&quot;nh43&quot; id=&quot;nh43&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[43] La France et ses &#233;trangers : l&amp;#39;aventure d&amp;#39;une politique de l&amp;#39;immigration (...)' &gt;43&lt;/a&gt;]. Et, &#224; l'&#233;poque, les emplois ne manquent pas dans l'industrie, les mines, le b&#226;timent ; Le patronat a besoin de cette main-d'&#339;uvre qu'il va parfois recruter lui-m&#234;me dans les pays d'origine. Mais 1963, c'est aussi la d&#233;colonisation, comme l'&#233;voque le ministre de l'Int&#233;rieur. Et 1963, c'est la fermeture des camps d'assignation &#224; r&#233;sidence, ces grandes &#233;tendues de baraquements o&#249; l'on retenait les &#233;trangers identifi&#233;s comme mena&#231;ant l'ordre public, tr&#232;s utilis&#233;s pendant la guerre d'Alg&#233;rie. Ce type d'enfermement d'une population &#233;trang&#232;re dans un contexte de troubles s'est largement d&#233;velopp&#233; dans les ann&#233;es 1930, pour contenir l'arriv&#233;e massive d'Espagnols traversant les Pyr&#233;n&#233;es en fuyant le franquisme. Ainsi, quelques mois apr&#232;s la fermeture de ces camps, le hangar sur les quais d'Arenc recommence &#224; &#171; accueillir &#187; ceux dont la France veut se d&#233;barrasser. Ces &#233;trangers qu'on ne d&#233;sire pas garder sur le territoire, ceux qui ont d&#233;vi&#233; de la route du citoyen mod&#232;le ou qui posent des probl&#232;mes d'ordre politique. En effet, il semblerait qu'Arenc ait &#233;galement pu servir &#224; cacher des mesures exp&#233;ditives mont&#233;es de concert avec les autorit&#233;s de pays &#233;trangers, comme peut-&#234;tre dans le cas de Mohamed. Il ne fait certainement pas bon d'&#234;tre opposant au r&#233;gime marocain dans un d&#233;partement dont le pr&#233;fet est impliqu&#233; dans l'affaire Ben Barka [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb44&quot; name=&quot;nh44&quot; id=&quot;nh44&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[44] La carri&#232;re de Pierre Somveille est &#233;troitement li&#233;e &#224; celle de Maurice (...)' &gt;44&lt;/a&gt;]...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Arenc est un simple hangar d&#233;labr&#233; r&#233;cup&#233;r&#233; par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, qui estime qu'il pourrait servir &#224; ses services de l'immigration en attendant sa destruction pr&#233;vue [&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nb45&quot; name=&quot;nh45&quot; id=&quot;nh45&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[45] Une prison clandestine de la police fran&#231;aise, Alex Panzani, Maspero, (...)' &gt;45&lt;/a&gt;]. Mais ce local se r&#233;v&#232;le utile, se p&#233;rennise et sert de tremplin &#224; l'officialisation des centres de r&#233;tention en s'&#233;loignant du mod&#232;le du camp des ann&#233;es 1930, difficilement acceptable pour la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des ann&#233;es 1970. Son fonctionnement se met en place par t&#226;tonnements,l'administration ne semblant pas elle-m&#234;me savoir ce qu'elle fait : aucune disposition juridique n'a &#233;t&#233; prise en amont, celles qui interviendront ne feront qu'avaliser les pratiques pr&#233;fectorales et polici&#232;res sur lesquelles il n'est plus question de revenir. Finalement, la d&#233;couverte de l'existence d'Arenc pr&#233;cipite la p&#233;rennisation du type de pouvoir que l'administration s'y est d&#233;j&#224; octroy&#233;. Arenc, le dispositif provisoire et officieux, devient Arenc, le centre de r&#233;tention &#233;tabli et officiel de Marseille. Finie la logique de pr&#233;carit&#233; mat&#233;rielle et temporelle propre aux camps, on donne naissance &#224; un cadre durable et sp&#233;cialis&#233; pour mettre en pratique l'&#233;loignement forc&#233; des &#233;trangers. Un dispositif fond&#233; sur des crit&#232;res qui paraissent p&#233;tris d'objectivit&#233;, o&#249; l'arbitraire n'aurait plus sa place et o&#249; la dignit&#233; humaine serait respect&#233;e : un enfermement banalis&#233; et accept&#233;. Pour combien de temps encore ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Charlie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh1&quot; name=&quot;nb1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Par extension, nous utilisons le terme &#171; Arenc &#187; pour parler du hangar au poste 68 sur le m&#244;le A des quais d'Arenc dans le port autonome de Marseille&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh2&quot; name=&quot;nb2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Il est arriv&#233; que des jeunes n&#233;s et r&#233;sidant en France soient expuls&#233;s, tout comme Latif dont nous parlons ici. N&#233;s de parents d'origine alg&#233;rienne, ils ont perdu leur nationalit&#233; fran&#231;aise apr&#232;s l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie en 1962. Ils auraient pu la r&#233;int&#233;grer, mais ils auraient d&#251; pour cela effectuer une d&#233;claration de reconnaissance de la nationalit&#233; fran&#231;aise avant le 23 mars 1967. Beaucoup n'ont pas r&#233;alis&#233; ces d&#233;marches &#224; temps, volontairement ou faute d'information et de clart&#233;. Voir&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Options de nationalit&#233;&lt;/i&gt;, Tayeb Benamara, in&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Accords&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;d'Evian en conjoncture et longue dur&#233;e&lt;/i&gt;, sous la direction de Ren&#233; Galissot, Karthala, 1992.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh3&quot; name=&quot;nb3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Sous la pr&#233;sidence de Val&#233;ry Giscard d'Estaing&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh4&quot; name=&quot;nb4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Marocain 'disparu' raconte&lt;/i&gt;..., Le Proven&#231;al, 20 avril 1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh5&quot; name=&quot;nb5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Voir&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Celui qu'on expulse&lt;/i&gt;de tout dans ce n&#176;2 de Z&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh6&quot; name=&quot;nb6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Une prison clandestine de la police fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Alex Panzani, Maspero, 1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh7&quot; name=&quot;nb7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La politique des camps d'internement&lt;/i&gt;, Benjamin Stora, L'Histoire n&#176; 140 janvier 1991http://www.ldh-toulon.net/spip.php ?article2329&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh8&quot; name=&quot;nb8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] Le Front de lib&#233;ration nationale &#233;tait un parti socialiste cr&#233;&#233; en 1954, luttant pour l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh9&quot; name=&quot;nb9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] Le Comit&#233; inter mouvement aupr&#232;s des &#233;vacu&#233;s est cr&#233;&#233; en 1939 et s'engage dans la r&#233;sistance pendant la seconde guerre mondiale. En 1984, une convention pass&#233;e avec le gouvernement fait de a Cimade la seule association habilit&#233;e &#224; intervenir en centre de r&#233;tention, fournissant aux retenus une assistance juridique et humaine. R&#233;cemment, par le d&#233;cret du 22 ao&#251;t 2008, le minist&#232;re de l'Immigration a lanc&#233; un appel d'offre pour trouver d'autres intervenants et ainsi briser la vue d'ensemble et la capacit&#233; de d&#233;nonciation dont disposait l'organisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh10&quot; name=&quot;nb10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;] Quand nous parlons de &#171; camp &#187;, nous entendons &#171; camp d'internement administratif &#187;. Certains pouvaient servir de lieu de d&#233;part pour des d&#233;portations de Juifs vers des camps d'extermination, mais organiser la mise &#224; mort des intern&#233;s n'&#233;tait pas l'objectif de ces lieux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh11&quot; name=&quot;nb11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Entre r&#233;pression polici&#232;re et prise en charge sanitaire et sociale : le cas du centre d'assignation de Larzac (1957-1963)&lt;/i&gt;, Marc Bernardot, Bulletin de l'IHTP, 80, 2004&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh12&quot; name=&quot;nb12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Une prison clandestine de la police fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Alex Panzani, Maspero, 1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh13&quot; name=&quot;nb13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 13&quot;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pour faire des cr&#226;nes&lt;/i&gt;, CQFD n&#176;35,&lt;a href=&quot;http://cequilfautdetruire.org/spip.php?article1087&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://cequilfautdetruire.org/spip.php ?article1087&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh14&quot; name=&quot;nb14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 14&quot;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Graves rebondissements dans l'affaire de la prison clandestine&lt;/i&gt;, Alex Panzani,&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;, 29 avril 1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh15&quot; name=&quot;nb15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 15&quot;&gt;15&lt;/a&gt;] De mai 1974 &#224; ao&#251;t 1976, sous le gouvernement Chirac du pr&#233;sident Giscard.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh16&quot; name=&quot;nb16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 16&quot;&gt;16&lt;/a&gt;] De mai 1974 &#224; avril 1977, m&#234;me gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh17&quot; name=&quot;nb17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 17&quot;&gt;17&lt;/a&gt;] http://www.adrim.fr/Association_Historique.htm&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh18&quot; name=&quot;nb18&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 18&quot;&gt;18&lt;/a&gt;] Rapport sur l'association Atom et le centre de pr&#233;-formation de Marseille, Albano Cordeiro, 1970&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh19&quot; name=&quot;nb19&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 19&quot;&gt;19&lt;/a&gt;] &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La plupart de l'activit&#233; porte sur les renseignements de tout ordre. Mais cette activit&#233; comporte aussi n&#233;cessairement un grand nombre d'interventions du typ&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;e 'recherche de parents', h&#233;bergement d'urgence et de secours etc...&lt;/i&gt; &#187;, Ibid&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh20&quot; name=&quot;nb20&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 20&quot;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Marocain 'disparu' racon&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;te&lt;/i&gt;..., Jean-Claude Baillon,&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Proven&#231;al&lt;/i&gt;, 20 avril 1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh21&quot; name=&quot;nb21&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 21&quot;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Piteuses explications de M. Poniatowski&lt;/i&gt;,&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;, 23 avril 1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh22&quot; name=&quot;nb22&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 22&quot;&gt;22&lt;/a&gt;] Communiqu&#233; de presse du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, 22 avril 1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh23&quot; name=&quot;nb23&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 23&quot;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Une prison clandestine de la police fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Alex Panzani, Maspero, 1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh24&quot; name=&quot;nb24&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 24&quot;&gt;24&lt;/a&gt;] Ibid&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh25&quot; name=&quot;nb25&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 25&quot;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un immigr&#233; 'h&#233;berg&#233;' au Centre d'Arenc tente de se suicider,&lt;/i&gt;Jean-Claude Baillon&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;, Le Proven&#231;al,&lt;/i&gt;29 avril 1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh26&quot; name=&quot;nb26&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 26&quot;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Graves rebondissemen&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ts dans l'affaire de la prison clandestine&lt;/i&gt;, Alex Panzani&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;, La Marseillaise&lt;/i&gt;, 29 avril 1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh27&quot; name=&quot;nb27&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 27&quot;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les d&#233;tentions arbitraires seraient pratiqu&#233;es &#224; Marseille, Le Monde&lt;/i&gt;, 20 avril 1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh28&quot; name=&quot;nb28&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 28&quot;&gt;28&lt;/a&gt;] Communiqu&#233; du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, 22 avril 1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh29&quot; name=&quot;nb29&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 29&quot;&gt;29&lt;/a&gt;] Ibid&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh30&quot; name=&quot;nb30&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 30&quot;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le ministre de l'Int&#233;&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;rieur : 'il n'y a rien &#224; cacher', Le Proven&#231;al&lt;/i&gt;, 29 avril 1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh31&quot; name=&quot;nb31&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 31&quot;&gt;31&lt;/a&gt;] D&#233;claration du pr&#233;fet de la r&#233;gion Provence-C&#244;te d'Azur Pierre Somveille devant le conseil g&#233;n&#233;ral des Bouches-du-Rh&#244;ne le 30 avril 1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh32&quot; name=&quot;nb32&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 32&quot;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le 'centre d'h&#233;bergement' d'Arenc a &#233;t&#233; visit&#233; par le ma&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;gistrat charg&#233; d'instruire une plainte pour d&#233;tention arbitraire, Le Monde&lt;/i&gt;, 31 mai 1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh33&quot; name=&quot;nb33&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 33&quot;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nouvelles preuves de l'ill&#233;galit&#233; du centre de Mar&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;seille, L'Humanit&#233;,&lt;/i&gt;24 avril 1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh34&quot; name=&quot;nb34&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 34&quot;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Perquisition du juge d'instruction au 'centre' d'Arenc, Alex Panzani,&lt;/i&gt;La Marseillaise, 30 mai1975&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh35&quot; name=&quot;nb35&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 35&quot;&gt;35&lt;/a&gt;] L'ordonnance n&#176;45-2658 du 2 novembre 1945 est la base de la l&#233;gislation applicable aux &#233;trangers en France, bien que de nombreuses modifications lui aient &#233;t&#233; apport&#233;es depuis. Ce texte a &#233;t&#233; adopt&#233; apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale afin de se doter d'une structure juridique coh&#233;rente en mati&#232;re de droit des &#233;trangers, au moment o&#249; la question migratoire devient un v&#233;ritable enjeu national pour la reconstruction et la repopulation de la France. Dans la m&#234;me perspective, la cr&#233;ation de l'Office national d'immigration est cens&#233;e donner &#224; l'Etat le monopole de l'introduction de main d'oeuvre &#233;trang&#232;re dans le pays, auparavant prise en charge par le patronat &#224; travers la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale de l'immigration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh36&quot; name=&quot;nb36&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 36&quot;&gt;36&lt;/a&gt;] Ministre de l'Int&#233;rieur de mars 1977 &#224; mai 1981,sous le gouvernement Raymond Barre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh37&quot; name=&quot;nb37&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 37&quot;&gt;37&lt;/a&gt;] Ministre de la Justice aux m&#234;mes dates.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh38&quot; name=&quot;nb38&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 38&quot;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;M&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;. Poniatowski justifie&lt;/i&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'existence du centre d'Arenc, Le Monde&lt;/i&gt;, 26 novembre 1978&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh39&quot; name=&quot;nb39&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 39&quot;&gt;39&lt;/a&gt;] Nous n'avons pas pu y avoir acc&#232;s, elles ne seront consultables qu'en 2057. Une demande de d&#233;rogation a &#233;t&#233; faite, mais nous n'avons pas encore obtenu de r&#233;ponse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh40&quot; name=&quot;nb40&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 40&quot;&gt;40&lt;/a&gt;] Les lazarets &#233;taient utilis&#233;s depuis le 15&#232;mesi&#232;cle afin d'y garder &#224; l'&#233;cart de la population les personnes souffrant de maladies transmissibles ou consid&#233;r&#233;es comme telles. Plusieurs h&#244;pitaux encore en fonction aujourd'hui sont d'anciens lazarets, comme l'h&#244;pital Saint-Louis &#224; Paris.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh41&quot; name=&quot;nb41&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 41&quot;&gt;41&lt;/a&gt;] 1&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;962 : L'arriv&#233;e des Pieds-Noirs&lt;/i&gt;, Jean-Jacques Jordi, Autrement, 1995&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh42&quot; name=&quot;nb42&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 42&quot;&gt;42&lt;/a&gt;] Ibid&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh43&quot; name=&quot;nb43&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 43&quot;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La France et ses &#233;trangers : l'aventure d'une politique de l'immigration de 1938 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Patrick Weil, Calmann-L&#233;vy, 1991&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh44&quot; name=&quot;nb44&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 44&quot;&gt;44&lt;/a&gt;] La carri&#232;re de Pierre Somveille est &#233;troitement li&#233;e &#224; celle de Maurice Papon. Apr&#232;s l'avoir rencontr&#233; en 1944 &#224; la pr&#233;fecture de Gironde sous le r&#233;gime de Vichy, il le suit dans ses diff&#233;rents postes pr&#233;fectoraux. Il sera son directeur de cabinet &#224; la pr&#233;fecture de police de Paris de 1961 &#224; 1967, p&#233;riode marqu&#233;e par plusieurs &#233;pisodes de r&#233;pression sanglante, comme la manifestation pour l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie du 17 octobre 1961 ou les crimes perp&#233;tr&#233;s au m&#233;tro Charonne le 8 f&#233;vrier 1962. Et en 1965, Mehdi Ben Barka, influent leader anticolonialiste et opposant socialiste du roi Hassan II, est enlev&#233; par des policiers fran&#231;ais et des truands recrut&#233;s par les services secrets marocains. L'un des hauts fonctionnaires officiellement charg&#233;s d'aider la justice dans son enqu&#234;te n'est autre que Pierre Somveille. Le corps de Ben Barka ne sera jamais retrouv&#233; et il sera prouv&#233; que les responsables fran&#231;ais n'ont jamais communiqu&#233; les informations dont ils disposaient pourtant sur les circonstances et les auteurs du rapt. De 1968 &#224; 1974, Pierre Somveille seconde le ministre de l'Int&#233;rieur Raymond Marcellin qui a d&#233;clar&#233; la guerre aux gauchistes. Il est ensuite envoy&#233; &#224; la pr&#233;fecture des Bouches-du-Rh&#244;ne, qu'il quitte en 1976 pour la pr&#233;fecture de police &#224; Paris en 1981.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/#nh45&quot; name=&quot;nb45&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 45&quot;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Une prison clandestine de la police fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Alex Panzani, Maspero, 1975&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item>
		<title>num&#233;ro 4</title>
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		<dc:date>2011-06-28T12:03:36Z</dc:date>
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		<dc:creator>Benj</dc:creator>



		<description>pr&#232;s une longue pause entre ce num&#233;ro et le pr&#233;c&#233;dent li&#233; &#224; un renouvellement de notre &#233;quipe compos&#233;e de b&#233;n&#233;voles, Afriques 21 revient en forme ! Dans ce num&#233;ro 4, le dossier est consacr&#233; &#224; l'immigration en France. Miroir des luttes men&#233;es l&#224;-bas contre la domination et pour l'&#233;mancipation, elle est la cons&#233;quence directe des actions men&#233;es en Afrique par les puissances n&#233;ocoloniales. &lt;br /&gt;Un quotidien fait d'exclusion et d'humiliation, mais aussi de luttes et une rage de s'organiser, d'exister. Nous revenons sur (...)


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&lt;a href="http://www.afriques21.org/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;num&#233;ros&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.afriques21.org/IMG/arton15.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;280&quot; height=&quot;358&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;span class='spip_document_29 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:40px;'&gt;
&lt;img src='http://www.afriques21.org/IMG/gif/a-2.gif' width=&quot;40&quot; height=&quot;53&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;pr&#232;s une longue pause entre ce num&#233;ro et le pr&#233;c&#233;dent li&#233; &#224; un renouvellement de notre &#233;quipe compos&#233;e de b&#233;n&#233;voles, Afriques 21 revient en forme ! Dans ce num&#233;ro 4, le dossier est consacr&#233; &#224; l'immigration en France. Miroir des luttes men&#233;es l&#224;-bas contre la domination et pour l'&#233;mancipation, elle est la cons&#233;quence directe des actions men&#233;es en Afrique par les puissances n&#233;ocoloniales.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un quotidien fait d'exclusion et d'humiliation, mais aussi de luttes et une rage de s'organiser, d'exister. Nous revenons sur l'histoire des collectifs de sans-papiers, la transformation des foyers de travailleurs, les luttes contre les CRA (Centre de R&#233;tention Administratif), les mouvements de gr&#232;ve, etc. Il nous paraissait important de permettre &#224; ces luttes d'exister dans Afriques 21, de continuer &#224; faire le lien entre immigration et n&#233;ocolonialisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En p&#233;riph&#233;rie de ce dossier, des br&#232;ves et des articles en provenance du continent : le camp d'Agam&#233; et ses r&#233;fugi&#233;s en lutte, le syst&#232;me de sant&#233;, la gr&#232;ve en Afrique du sud et bien d'autres sujets. Nous &#233;voquons peu le printemps des r&#233;volutions avec trois textes assez courts : l'actualit&#233; &#233;tant encore trouble, les acteurs occup&#233;s, nous pr&#233;f&#233;rons pr&#233;parer un solide prochain num&#233;ro &#224; ce sujet.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;APPEL A CONTRIBUTION !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Afriques 21 accueille tout texte, contact, coup de main, id&#233;e g&#233;niale, pour permettre aux voix de se faire entendre, de r&#233;sonner l&#224;-bas et ici.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a title=&quot;View Afriques 21 n&#176;4 [6 pages] on Scribd&quot; href=&quot;http://www.scribd.com/doc/58972955/Afriques-21-n%C2%B04-6-pages&quot; style=&quot;margin: 12px auto 6px auto; font-family: Helvetica,Arial,Sans-serif; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 14px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; -x-system-font: none; display: block; text-decoration: underline;&quot;&gt;Afriques 21 n&#176;4 [6 pages]&lt;/a&gt;&lt;iframe class=&quot;scribd_iframe_embed&quot; src=&quot;http://www.scribd.com/embeds/58972955/content?start_page=1&amp;view_mode=list&amp;access_key=key-sw12c0bmabsclh9nyz5&quot; data-auto-height=&quot;true&quot; data-aspect-ratio=&quot;0.756489493201483&quot; scrolling=&quot;no&quot; id=&quot;doc_68666&quot; width=&quot;100%&quot; height=&quot;600&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
&lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;(function() { var scribd = document.createElement(&quot;script&quot;); scribd.type = &quot;text/javascript&quot;; scribd.async = true; scribd.src = &quot;http://www.scribd.com/javascripts/embed_code/inject.js&quot;; var s = document.getElementsByTagName(&quot;script&quot;)[0]; s.parentNode.insertBefore(scribd, s); })();&lt;/script&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Morocco-Gabon Connection</title>
		<link>http://www.afriques21.org/spip.php?article13</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benj</dc:creator>



		<description>Malgr&#233; les r&#233;sultats contest&#233;s de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et les mobilisations populaires pour exiger leur annulation, Ali Bongo, candidat de la Fran&#231;afrique, a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; pr&#233;sident du Gabon le 30 ao&#251;t 2009. La garde pr&#233;sidentielle (GP) et l'arm&#233;e ont quadrill&#233; Libreville et dispers&#233; avec violence les manifestants. Symboles de la Fran&#231;afrique, le consulat de France et le b&#226;timent de Total ont &#233;t&#233; incendi&#233;s. Au m&#233;pris de l'opposition du peuple gabonais, Sarkozy et Mohamed VI ont &#233;t&#233; les premiers &#224; f&#233;liciter (...)

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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;IMG/arton13.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;193&quot; onmouseover=&quot;this.src='IMG/artoff13.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://www.afriques21.org/IMG/arton13.jpg'&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Malgr&#233; les r&#233;sultats contest&#233;s de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et les mobilisations populaires pour exiger leur annulation, Ali Bongo, candidat de la Fran&#231;afrique, a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; pr&#233;sident du Gabon le 30 ao&#251;t 2009. La garde pr&#233;sidentielle (GP) et l'arm&#233;e ont quadrill&#233; Libreville et dispers&#233; avec violence les manifestants. Symboles de la Fran&#231;afrique, le consulat de France et le b&#226;timent de Total ont &#233;t&#233; incendi&#233;s. Au m&#233;pris de l'opposition du peuple gabonais, Sarkozy et Mohamed VI ont &#233;t&#233; les premiers &#224; f&#233;liciter Ali Bongo.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Omar Bongo, le roi de la Fran&#231;afrique&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ali Bongo h&#233;rite du pouvoir de son p&#232;re, Omar, d&#233;c&#233;d&#233; le 8 juin 2009. Parrain r&#233;gional de la Fran&#231;afrique, install&#233; en 1967 par Jacques Foccart, membre des r&#233;seaux ma&#231;onniques, ami de tous les pr&#233;sidents de la Ve R&#233;publique fran&#231;aise, Omar Bongo a aid&#233; la France et ses multinationales &#224; maintenir une domination coloniale politique, militaire, &#233;conomique sur le Gabon et sur le continent africain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis l'arriv&#233;e au pouvoir de Bongo, les relations entre le Maroc et le Gabon sont rest&#233;es fortes. Converti &#224; l'islam dans les ann&#233;es 1970 et proche de Hassan II, Bongo a soutenu la position marocaine sur le Sahara (1). Des Marocains sont int&#233;gr&#233;s dans sa GP et pr&#234;tent main-forte en cas de besoin. Les exactions de la GP, les meurtres par &#171; accident &#187;, les emprisonnements des opposants sont quotidiens. Dans son livre ''Affaires africaines'', publi&#233; en 1984 et rest&#233; interdit au Maroc, Pierre P&#233;an a r&#233;v&#233;l&#233; que le po&#232;te Ndouna-Depenaud, ancien mari de Mme Bongo, a &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233; par des marocains de la GP en 1977. &#171; De 1975 &#224; 1978, le Gabon a &#233;t&#233; la plaque tournante des mercenaires, notamment de Bob Denard, le plus c&#233;l&#232;bre d'entre eux. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_28 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:520px;' &gt;
&lt;img src='http://www.afriques21.org/local/cache-vignettes/L520xH653/Valisediram-df781.jpg' width='520' height='653' alt=&quot;&quot; style='height:653px;width:520px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s la mort d'Hassan II, l'amiti&#233; s'est poursuivie entre Bongo et Mohamed VI. Celui-ci a fait plusieurs s&#233;jours au Gabon et s'int&#233;resse au march&#233; gabonais qui offre de grandes opportunit&#233;s pour des affaires juteuses gr&#226;ce aux privatisations dans le secteur public. En 2007, le Gabon c&#232;de 52 % du capital de Gabon T&#233;l&#233;com &#224; Maroc T&#233;l&#233;com. En 2008, la banque marocaine Attijariwafa Bank a acquis 51 % du capital de l'Union gabonaise de banque, deuxi&#232;me banque du pays. Le march&#233; gabonais attise les convoitises d'hommes d'affaires marocains, qui y font de nombreuses visites. Jusque-l&#224;, le Gabon exportait au Maroc essentiellement son bois, et le Maroc exportait des produits alimentaires, des v&#234;tements et des chaussures. Le Maroc accueille par ailleurs 300 &#233;tudiants gabonais et forme des cadres civils et militaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Assur&#233; d'&#234;tre &#233;lu &#224; plus de 90 % des suffrages &#224; chaque &#233;lection, muselant toute contestation, supprimant ses opposants, Omar Bongo dirige ce pays de 1,3 million d'habitants comme s'il s'agissait de sa propri&#233;t&#233; priv&#233;e. &#192; la fin des ann&#233;es 1970, il accorde la priorit&#233; &#224; l'agriculture. Le Gabon se lance dans la culture hors sol, alors que le pays ne manque pourtant pas de terres fertiles, et dans un projet sucrier de 30 000 tonnes par an alors que les Gabonais n'en consomment que 8 000 tonnes. Pour pr&#233;parer le sommet de l'OUA (2) &#224; Libreville en 1977, des travaux d&#233;mesur&#233;s sont lanc&#233;s : palais des congr&#232;s, h&#244;tels, routes&#8230; Tous ces march&#233;s sont pass&#233;s sans appel d'offres. La construction du palais pr&#233;sidentiel, confi&#233;e &#224; une soci&#233;t&#233; et &#224; des architectes fran&#231;ais, co&#251;tera 1,5 milliard de francs fran&#231;ais. Puis vient le chemin de fer, le Transgabonais, pour exporter le fer de Belinga. Ce gigantesque ouvrage, l'un des plus grands chantiers du monde, commenc&#233; en 1975, a entra&#238;n&#233; la d&#233;forestation de 3 millions d'hectares. La dette du Gabon explose, et la facture sera laiss&#233;e au peuple gabonais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Impliqu&#233; dans de nombreuses affaires, comme celle du financement des campagnes &#233;lectorales fran&#231;aises, Omar Bongo avait la r&#233;putation de distribuer des valises &#224; tous les partis fran&#231;ais. Quand &#233;clate l'affaire ELF en 1994, il est accus&#233; de d&#233;tournement de millions d'euros. Dans un rapport sur le blanchiment de l'argent sale, le Congr&#232;s des &#201;tat-Unis a estim&#233; ses d&#233;tournements &#224; 100 millions de dollars par an. Rappelons qu'une enqu&#234;te des services de police fran&#231;ais, lanc&#233;e &#224; la suite d'une plainte d&#233;pos&#233;e en 2007 par des associations, avait &#233;tabli l'existence de biens consid&#233;rables sans commune mesure avec les revenus d&#233;clar&#233;s par Bongo et sa famille : 39 propri&#233;t&#233;s et 70 comptes bancaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Gabon est riche en p&#233;trole, bois, mangan&#232;se, fer, uranium. Pourtant, 62 % des Gabonais vivent sous le seuil de pauvret&#233;, et l'indice de d&#233;veloppement humain (IDH) est de 0,755, ce qui place le pays au 103e rang sur 182 pays (3). Si Omar Bongo est mort sans &#234;tre jug&#233; apr&#232;s quarante ans de pillage, Ali Bongo, plac&#233; pour lui succ&#233;der, devrait rendre des comptes au peuple gabonais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au Maroc, pays qui a entretenu et continue &#224; entretenir des relations privil&#233;gi&#233;es avec la dynastie Bongo, nous devons &#233;galement demander des comptes et exiger l'ouverture d'enqu&#234;tes sur les biens illicites de la famille Bongo et d'autres dictateurs choy&#233;s par les banques marocaines, contrairement aux migrants africains qui sont maltrait&#233;s par l'&#201;tat marocain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Souad Guennoun, Attac Maroc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1. Ancienne colonie espagnole au sous-sol riche en phosphates, le Sahara occidental a &#233;t&#233; annex&#233; ill&#233;galement en 1975 par le Maroc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2. Organisation de l'unit&#233; africaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3. Rapport 2009 du Pnud. http://hdrstats.undp.org/fr/countries/country_fact_sheets/cty_fs_GAB.html&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item>
		<title>num&#233;ro 3</title>
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		<dc:date>2010-04-02T13:56:59Z</dc:date>
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		<dc:creator>Benj</dc:creator>



		<description>&#233;mographie galopante, famine et corruption end&#233;miques, &#171; r&#233;p&#233;tition sans fin des m&#234;mes gestes et des m&#234;mes paroles &#187;, le tout compens&#233; par un in&#233;galable sens du rythme. C&#8216;est ainsi que les m&#233;dias occidentaux pr&#233;sentent l&#8216;Afrique apr&#232;s cinquante ans de pseudo-ind&#233;pendances. &#201;videmment, cette caricature est entretenue pour justifier un &#171; ordre &#187; &#233;conomique mondial qui permet des profits faramineux pour les transnationales et qui maintient les peuples africains dans la mis&#232;re, en les pr&#233;sentant comme responsables (...)

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&lt;a href="http://www.afriques21.org/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;num&#233;ros&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.afriques21.org/IMG/arton12.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;1023&quot; height=&quot;1325&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;span class='spip_document_24 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:40px;'&gt;
&lt;img src='http://www.afriques21.org/IMG/gif/D.gif' width=&quot;40&quot; height=&quot;53&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&#233;mographie galopante, famine et corruption end&#233;miques, &#171; r&#233;p&#233;tition sans fin des m&#234;mes gestes et des m&#234;mes paroles &#187;, le tout compens&#233; par un in&#233;galable sens du rythme. C&#8216;est ainsi que les m&#233;dias occidentaux pr&#233;sentent l&#8216;Afrique apr&#232;s cinquante ans de pseudo-ind&#233;pendances. &#201;videmment, cette caricature est entretenue pour justifier un &#171; ordre &#187; &#233;conomique mondial qui permet des profits faramineux pour les transnationales et qui maintient les peuples africains dans la mis&#232;re, en les pr&#233;sentant comme responsables de leur situation.&lt;dl class='spip_document_30 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;width:120px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.afriques21.org/IMG/pdf/Afriques21-numero3.pdf&quot; title='PDF - 6.1 Mo' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='http://www.afriques21.org/dist/vignettes/pdf.png' width='52' height='52' alt='PDF - 6.1 Mo' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Afriques 21 N&#176;3&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:120px;'&gt;T&#233;l&#233;chargez le num&#233;ro&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Afriques 21&lt;/i&gt; cherche &#224; d&#233;mystifier cette vision en donnant la parole aux acteurs de terrain qui proposent des alternatives. Les retours tr&#232;s positifs sur les deux premiers num&#233;ros de la revue nous encouragent &#224; continuer dans cette voie. Enti&#232;rement r&#233;alis&#233; par des b&#233;n&#233;voles et autofinanc&#233;, ce journal a besoin de vous pour &#234;tre diffus&#233; et devenir un outil au service de vos luttes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le dossier de ce num&#233;ro revient sur l&#8216;imposition d'un mod&#232;le agricole incompatible avec les exigences de la souverainet&#233; alimentaire. Les r&#233;sistances pr&#233;sent&#233;es appellent des solutions d&#8216;ordre politique. Au Maroc, en pleine &#233;bullition, c&#8216;est la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;hogra&lt;/i&gt;, le m&#233;pris des d&#233;cideurs, qui a mis le feu aux poudres. Quant au dimanche &#224; Bamako, il n&#8216;y a pas que des mariages mais il y a aussi des expulsions li&#233;es &#224; une sp&#233;culation immobili&#232;re effr&#233;n&#233;e. &#192; Paris, c&#8216;est dans les foyers et dans les entreprises, &#224; travers des luttes autog&#233;r&#233;es, comme &#224; ISS et au foyer Mass&#233;na, que les travailleurs africains m&#233;pris&#233;s, exploit&#233;s et r&#233;prim&#233;s retrouvent leur dignit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a title=&quot;View Afriques 21 n&#176;3 [6 pages] on Scribd&quot; href=&quot;http://www.scribd.com/doc/29323136/Afriques-21-n&#176;3-6-pages&quot; style=&quot;margin: 12px auto 6px auto; font-family: Helvetica,Arial,Sans-serif; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 14px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; -x-system-font: none; display: block; text-decoration: underline;&quot;&gt;Afriques 21 n&#176;3 [6 pages] &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;object id=&quot;doc_444993601893467&quot; name=&quot;doc_444993601893467&quot; height=&quot;500&quot; width=&quot;100%&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://d1.scribdassets.com/ScribdViewer.swf&quot; style=&quot;outline:none;&quot; rel=&quot;media:document&quot; resource=&quot;http://d1.scribdassets.com/ScribdViewer.swf?document_id=29323136&amp;access_key=key-1fppff8tm09t14sw6vzs&amp;page=1&amp;viewMode=list&quot; xmlns:media=&quot;http://search.yahoo.com/searchmonkey/media/&quot; xmlns:dc=&quot;http://purl.org/dc/terms/&quot; &gt; &lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://d1.scribdassets.com/ScribdViewer.swf&quot;&gt; &lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;opaque&quot;&gt; &lt;param name=&quot;bgcolor&quot; value=&quot;#ffffff&quot;&gt; &lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt; &lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt; &lt;param name=&quot;FlashVars&quot; value=&quot;document_id=29323136&amp;access_key=key-1fppff8tm09t14sw6vzs&amp;page=1&amp;viewMode=list&quot;&gt; &lt;embed id=&quot;doc_444993601893467&quot; name=&quot;doc_444993601893467&quot; src=&quot;http://d1.scribdassets.com/ScribdViewer.swf?document_id=29323136&amp;access_key=key-1fppff8tm09t14sw6vzs&amp;page=1&amp;viewMode=list&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; height=&quot;500&quot; width=&quot;100%&quot; wmode=&quot;opaque&quot; bgcolor=&quot;#ffffff&quot;&gt;&lt;/embed&gt; &lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Comores dans la France des trois oc&#233;ans</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benj</dc:creator>



		<description>La &#171; Mayottisation &#187;, mod&#232;le institutionnel de partition des &#171; derni&#232;res colonies fran&#231;aises d'outre-mer &#187; ? Partition du pays et de son peuple pour contrer les ind&#233;pendances. La &#171; Mayottisation &#187; est un &#171; processus &#187; fran&#231;ais consid&#233;r&#233; comme celui de &#171; la derni&#232;re chance &#187; pour garder ses colonies. C'est l'ultime phase de la m&#233;thode que l'on peut qualifier de &#171; guerre des statuts &#187;. &lt;br /&gt;La &#171; guerre des statuts &#187; consiste &#224; faire signer des &#171; accords &#187; li&#233;s &#224; la mise en place de &#171; statuts &#187;, qui sont sans cesse (...)


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.afriques21.org/IMG/arton11.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;170&quot; height=&quot;101&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;La &#171; Mayottisation &#187;, mod&#232;le institutionnel de partition des &#171; derni&#232;res colonies fran&#231;aises d'outre-mer &#187; ? Partition du pays et de son peuple pour contrer les ind&#233;pendances. La &#171; Mayottisation &#187; est un &#171; processus &#187; fran&#231;ais consid&#233;r&#233; comme celui de &#171; la derni&#232;re chance &#187; pour garder ses colonies. C'est l'ultime phase de la m&#233;thode que l'on peut qualifier de &#171; guerre des statuts &#187;.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La &#171; guerre des statuts &#187; consiste &#224; faire signer des &#171; accords &#187; li&#233;s &#224; la mise en place de &#171; statuts &#187;, qui sont sans cesse modifi&#233;s selon les rapports de force en pr&#233;sence. Leur contenu, dont certaines clauses sont secr&#232;tes comme dans le cadre toujours d'actualit&#233; de la &#171; Fran&#231;afrique &#187;, permettent &#224; la France de garder directement et indirectement les pouvoirs politiques, &#233;conomiques et r&#233;galiens sans, entre autres, faire les frais politiques et &#233;conomiques inh&#233;rents aux &#171; guerres coloniales &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est m&#233;thode choisie, depuis la guerre d'Alg&#233;rie, pour les DOM et &#171; petits &#187; TOM pr&#233;sente beaucoup d'avantages. Elle provoque moins de mise en accusation, donc moins de soutien aux luttes d'ind&#233;pendance, fait en quelque sorte moins de vague que les &#171; guerres coloniales &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_23 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.afriques21.org/local/cache-vignettes/L300xH181/carte-comores-f37c2.jpg' width='300' height='181' alt=&quot;&quot; style='height:181px;width:300px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le but &#233;tant le m&#234;me, garder ses colonies, le proc&#233;d&#233; est donc plus &#171; efficace &#187;, plus rentable pour le colonisateur. Dans la droite ligne de la partition des Comores F.Mitterrand, lors de la loi Lemoine en 1984 (nouveau statut, un de plus pour la Nouvelle Cal&#233;donie !) a fait passer le message aux ind&#233;pendantistes &#171; l'ind&#233;pendance jamais au pire la partition &#187;, le processus semble en passe de &#171; s'institutionnaliser &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ann&#233;e 2009 permet d'&#233;clairer la &#171; Mayottisation &#187;, il est donc important de suivre tr&#232;s attentivement le comit&#233; interminist&#233;riel sur l'outre-mer, programm&#233; lors du dernier trimestre, afin de r&#233;agir, d'agir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En ce d&#233;but d'ann&#233;e 2009, fait rarissime, l'outre mer fran&#231;ais sort de l'ombre. Les r&#233;voltes contre la vie ch&#232;re dans les DOM, le r&#233;f&#233;rendum pour la d&#233;partementalisation de Mayotte font la une de tous les m&#233;dias. Durant 2009, cette &quot;ombre&quot; planera dans l'actualit&#233; politique fran&#231;aise. &quot;Ombre&quot; qui au fil des mois se dissipe et met en &quot;lumi&#232;re&quot; les deux pans du programme &#233;lys&#233;en : &quot;l'outre-mer&quot; et &quot;les outres-mers&quot;. Sont organis&#233;es de &quot;vraies fausses&quot; consultations. Les d&#233;cisions sont d&#233;j&#224; prises, ce sont celles du programme pr&#233;sidentiel de 2007. - Le pan &quot;de l'outre-mer&quot; : Le &quot;Grenelle de la mer&quot; est une des actions 2009 qui permet de d&#233;crypter cette politique. La &quot;synth&#232;se&quot; pr&#233;sent&#233;e au Havre par N. Sarkozy le 16 juillet se d&#233;cline au singulier, &#171; l'outre-mer &#187;, car c'est la politique de &quot;la France des trois oc&#233;ans&quot;, la France &quot;une et indivisible&quot;, celle men&#233;e au nom de ses int&#233;r&#234;ts sup&#233;rieurs, sa place en tant que 2&#232;me puissance maritime au monde - Le pan &quot;des outres-mers&quot; : Fin juillet &quot;synth&#232;se&quot; des &quot;Etats g&#233;n&#233;raux de l'outre-mer&quot;. Lanc&#233;s en f&#233;vrier pour leur trouver la solution miracle qui les conduira au bonheur &quot;m&#233;tropolitain&quot;, ils ont rencontr&#233;s beaucoup de difficult&#233;s pour soulever l'adh&#233;sion des foules&#8230; car &quot;march&#233; de dupes&quot; disent ses opposants. Un des th&#232;mes abord&#233; porte sur &#171; l'avenir institutionnel &#187;. C'est le 2&#232;me pan du programme pr&#233;sidentiel qui devient curieusement pluriel celui &quot;des outre-mers&quot; et ce au nom de la sp&#233;cificit&#233; de chaque territoire. En fait ce pluriel cache des changements de statuts, &#171; guerres des statuts &#187; obligent, bien encadr&#233;s depuis le changement constitutionnel de 2003. Choix entre l'article 73 (avec nette pr&#233;f&#233;rence de la France pour cet article et une collectivit&#233; unique d&#233;partement r&#233;gion) et l'article 74 mais&#8230; ind&#233;pendance interdite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fin septembre un &#171; conseil interminist&#233;riel outre-mer &#187; devrait &quot;valider&quot; les d&#233;cisions programm&#233;es en 2007 (la cr&#233;ation de ce conseil faisait partie de ce programme !). La mise en place &quot;pour un ancrage d&#233;finitif des outre-mers dans la France&quot; devant &#234;tre termin&#233;e, en 2011, avec la d&#233;partementalisation de Mayotte et &#233;ventuels autres changements de statuts avant et/ou apr&#232;s les r&#233;gionales de 2010, quinquennat &#233;lys&#233;en oblige ?!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, fait important, en juillet 2009 appara&#238;t un lien contradictoire par rapport &#224; la th&#232;se &quot;sp&#233;cificit&#233; des outre-mers&quot;. Est vot&#233;e une &quot;loi organique sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Cal&#233;donie et la d&#233;partementalisation de Mayotte&quot;. Il s'agit d'une menace tr&#232;s claire de la partition de Kanaky si le FLNKS n'accepte pas un nouveau statut post accord de Noum&#233;a. Le FLNKS a d&#233;nonc&#233; ce lien au m&#234;me titre que la partition des Comores. Dans ce contexte assez exceptionnel de 2009, l'analyse de la &#171; Mayottisation &#187; pr&#233;sente quelques int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La &#171; mayottisation &#187; mod&#232;le institutionnel pour la partition de l'outre-mer ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mayottisation/Partition &#171; Mayottisation &#187;, un terme que vous ne trouverez pas dans le dictionnaire. Pas encore. Vous ne le trouverez pas, non plus, &#224; ma connaissance, dans des textes officiels. Il est pourtant employ&#233; quasi officiellement, dans certains documents, souvent m&#233;connus ; on parle de la &#171; Mayottisation &#187; de l'outre-mer. Ce terme signifie, tout simplement, &#171; partition &#187; en langage intelligible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La &#171; Mayottisation &#187; des Comores est, tout d'abord, une version revue et corrig&#233;e de celle qui &#233;tait pr&#233;vue en Alg&#233;rie. Alain Peyrefitte a tr&#232;s bien d&#233;crit le processus dans son livre &#171; Faut-il partager l'Alg&#233;rie ? &#187; (Plon - 1960). La partition est, depuis le d&#233;but de la colonisation, une m&#233;thode efficace pour asseoir la domination.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;la France agit sur &#171; le pays et le peuple &#187; pour commettre sa forfaiture. Le proc&#233;d&#233; est donc compos&#233; de deux man&#339;uvres. Dans un premier temps, la partition du peuple ; ce qui permet de pr&#233;tendre, dans un deuxi&#232;me temps, &#224; la partition de son pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1&#232;re phase. On agit sur le peuple : Par des transferts de population, afin de faire obstacle aux revendications ind&#233;pendantistes : colonie de peuplement en Kanaky, transfert des &#171; Domiens &#187; en &#171; m&#233;tropole &#187; (BUMIDOM, enfants vol&#233;s de la R&#233;union), en m&#234;me temps que s'op&#233;rait le transfert de &#171; m&#233;tropolitains &#187; dans les DOM, ind&#233;pendantistes de Mayotte renvoy&#233;s de leur &#238;le juste avant le r&#233;f&#233;rendum de 1974&#8230; En employant les m&#233;thodes &#171; diviser pour r&#233;gner &#187; : manipulations sur l'histoire, &#171; guerre psychologique &#187; comme disent les militaires, &#171; manipulation mentale &#187; (tr&#232;s employ&#233;e dans les sectes)&#8230; Les Mahorais, par exemple, devant absolument se d&#233;finir Fran&#231;ais et non Comoriens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2&#232;me phase. La division du peuple sert d'alibi pour diviser le territoire. Une s&#233;cession est organis&#233;e par le biais, par exemple, de r&#233;f&#233;rendums pour donner lieu, ensuite, &#224; la partition g&#233;ographique. C'est ainsi que Mayotte est &#171; s&#233;par&#233;e &#187; de ses &#238;les-s&#339;urs des Comores. Cette m&#233;thode peut &#234;tre reproduite en outre-mer en cas de vell&#233;it&#233; ind&#233;pendantiste : cr&#233;ation de provinces en Kanaky pour permettre, si n&#233;cessaire, la s&#233;paration de la province Sud ; s&#233;paration, derni&#232;rement, des &#238;les Saint-Martin et Saint-Barth&#233;lemy de la Guadeloupe&#8230; Ainsi, si une partie du pays devient ind&#233;pendante, une partie reste fran&#231;aise avec, pour alibi, le respect du droit &#171; des peuples &#224; l'autod&#233;termination &#187;, de ceux qui veulent rester fran&#231;ais !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Extraits d'ouvrages &#233;crits par un juriste, un fonctionnaire et un d&#233;put&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Monsieur G. Sem (Juriste, Pr&#233;sident de &#171; Droit et d&#233;mocratie en Outre-mer &#187;), illustre bien dans son livre &#171; Introduction au statut juridique de la Polyn&#233;sie fran&#231;aise &#187; (Edition DDOM Papeete &#8211; 1996), le fait qu'il s'agit d'une politique pens&#233;e comme identit&#233; remarquable avec Mayotte. Extrait pages 90/91 : &#171; &#8230;une &#171; Mayottisation &#187; de certains archipels ou de certaines &#238;les polyn&#233;siennes en cas d'ind&#233;pendance de Tahiti ne seraient pas &#224; exclure&#8230;Le cas de Mayotte a montr&#233; que les arguments du droit international sont bien faibles d'abord par rapport &#224; la volont&#233; d'une partie des populations de rester fran&#231;ais et ensuite par rapport &#224; la volont&#233; de la France de garder certains de ses territoires. Finalement pour certains, les populations des archipels &#233;loign&#233;s de Tahiti auraient &#224; choisir, le moment venu, entre deux imp&#233;rialismes, celui &#233;tant per&#231;u comme un moindre mal &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans son livre sur &#171; L'enjeu kanak &#187; (Edition France empire &#8211; 1985), P. Paitel explique les actions de la France contre l'ind&#233;pendance des Nouvelles-H&#233;brides (devenues Vanuatu &#224; l'ind&#233;pendance). Comme l'indique la note de pr&#233;sentation par l'&#233;diteur, &#171; Il nous r&#233;v&#232;le des &#233;v&#232;nements parfois tenus secrets qu'il a suivis durant six ans de 1974 &#224; 1980 &#187;. A la page 176, il parle de &#171; mayottiser &#187; Santo puis Tana, pour qualifier la s&#233;cession de ces deux &#238;les, organis&#233;e par la France. Echec de l'op&#233;ration, heureusement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On lit &#233;galement, dans &#171; Les DOM-TOM - Enjeu g&#233;opolitique &#233;conomique et strat&#233;gique &#187; d'Ernest Moutoussamy (L'Harmattan - 1988), &#224; la page 29 : &#171; Quant &#224; la Guyane, dans laquelle tout tourne autour de la base spatiale de Kourou, la politique actuelle semble toute enti&#232;re viser &#224; cr&#233;er les infrastructures n&#233;cessaires &#224; une mainmise de la CEE sur le territoire. Les projets &#233;tudi&#233;s permettent d'affirmer que dans le cas d'une &#233;volution de la Guyane vers l'ind&#233;pendance, la France serait pr&#234;te &#224; renouveler le coup de Mayotte aux Comores, en provoquant une partition de fait du territoire guyanais &#187;. Sujet qui sera peut &#234;tre d'actualit&#233; dans les ann&#233;es qui viennent suite &#224; la r&#233;cente demande d'&#233;lus guyanais qui souhaitent que soit organis&#233; une consultation en vue d'un nouveau statut li&#233; &#224; l'article 74 !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Colonie de peuplement et partition : la position de l'ONU L'ONU n'a pas manqu&#233;, &#224; plusieurs reprises, de rappeler les r&#232;gle de droit, suite &#224; l'interpr&#233;tation fantaisiste et tendancieuse, par le colonisateur, des dispositions concernant la r&#233;solution de 1960 sur le &#171; droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes &#187;. Cette r&#233;solution est tr&#232;s claire sur l'interdiction de la partition, du transfert de populations, des colonies de peuplement. Il s'agit de la r&#233;solution 1514 (XV) du 14/12/1960, relative &#224; la d&#233;claration sur l'octroi de l'ind&#233;pendance aux pays et aux peuples coloniaux. L'article 6 stipule que &quot;toute tentative visant &#224; d&#233;truire partiellement ou totalement l'unit&#233; nationale et l'int&#233;grit&#233; territoriale d'un pays est incompatible avec les buts et les principes de la Charte des Nations Unies&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parmi les nombreux textes &#171; de rappel du droit &#187; existants sur le sujet, on peut citer le plan d'action pour la deuxi&#232;me d&#233;cennie internationale de l'&#233;limination du colonialisme (2001-2010), qui est en annexe de la r&#233;solution 55/146 du 8 d&#233;cembre 2000. L'article 11 stipule que &#171; les puissances administrantes devraient veiller &#224; ce que l'exercice du droit &#224; l'autod&#233;termination ne soit pas entrav&#233; par des modifications de la composition d&#233;mographique dues &#224; l'immigration ou au d&#233;placement des populations dans les territoires qu'elles administrent &#187;[1]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut rappeler, en ce qui concerne les Comores, pays ind&#233;pendant et premier cobaye de la &#171; Mayottisation &#187; (Mayotte appartient &#224; l'Etat comorien au regard du droit international), que la R&#233;solution 2625 (XXV) du 24 octobre 1970, r&#233;affirme la condamnation de la s&#233;cession, en indiquant que le droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes ne peut et ne doit &#234;tre interpr&#233;t&#233; &#171; comme autorisant ou encourageant une action, quelle qu'elle soit, qui d&#233;membrerait ou menacerait, totalement ou partiellement l'int&#233;grit&#233; territoriale ou l'unit&#233; politique de tout Etat souverain et ind&#233;pendant &#187;. La m&#234;me r&#233;solution pr&#233;cise que &quot;tout &#201;tat doit s'abstenir de toute action visant &#224; rompre partiellement ou totalement l'unit&#233; nationale et l'int&#233;grit&#233; territoriale d'un autre &#201;tat ou d'un autre pays&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2009 : la d&#233;partementalisation de Mayotte pour quels enjeux ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Urgence ? Pourquoi faut-il, &#224; tout prix et dans l'urgence, d&#233;partementaliser Mayotte contre toute logique ? Qu'est-ce qui justifie cette urgence au moment m&#234;me o&#249; le statut de DOM, tel qu'institu&#233; en 1946, est remis en cause suite aux manifestations dans les quatre DOM, ainsi que par la &#171; commission Balladur &#187; ? La r&#233;ponse ne saute pas aux yeux des citoyens ordinaires que nous sommes, et m&#234;me de citoyens moins ordinaires mais moins avis&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;ponse la plus &#233;vidente serait que Nicolas Sarkozy en avait fait une promesse &#233;lectorale. Elle me parait insuffisante. Cet argument est peut-&#234;tre l'arbre montrable, pour cacher la for&#234;t qu'on ne veut pas monter au public. Il est d'ailleurs de la m&#234;me veine que celui consistant &#224; dire que la France ne demande rien, mais que ce sont les populations de ses derni&#232;res colonies (l'outre-mer) qui veulent rester fran&#231;aises. C'est juste une France philanthropique, qui n'a rien &#224; gagner dans ces zones, souvent tr&#232;s &#233;loign&#233;es de la m&#233;tropole. Mensonge, que du mensonge ! Comme d&#233;montr&#233;, en ce qui concerne les Comores, l'enjeu de la d&#233;partementalisation d&#233;passe Mayotte. Pour mieux appr&#233;hender l'int&#233;r&#234;t du r&#233;f&#233;rendum du 29 mars 2009 &#224; Mayotte, il faut, &#224; mon humble avis, avoir une vision globale de la France dans la g&#233;opolitique mondiale, surtout en ces temps de mondialisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; La France des trois oc&#233;ans &#187; La France, au sens large, c'est l'hexagone (&quot;M&#233;tropole&quot;) et les territoires d'outre-mer r&#233;partis dans les 3 oc&#233;ans. Il s'agit de Guadeloupe, Martinique, Guyane, St-Pierre-et-Miquelon, dans l'oc&#233;an Atlantique ; de Nouvelle-Cal&#233;donie, Wallis-et-Futuna, Polyn&#233;sie Fran&#231;aise, Clipperton, dans l'oc&#233;an Pacifique ; de la R&#233;union, TA. A. F., (Mayotte ?), dans l'oc&#233;an Indien. Cet outre-mer repr&#233;sente pr&#232;s de 23% de la superficie totale, mais 93% des 11 millions de kilom&#232;tres carr&#233;s de zone &#233;conomique exclusive (ZEE) de la France. Ces territoires d'outre-mer sont indispensables &#224; l'influence de la France dans le monde, pour leurs int&#233;r&#234;ts politique, &#233;conomique, strat&#233;gique, militaire, scientifique&#8230; C'est gr&#226;ce &#224; eux que la France est la 2&#232;me puissance maritime du monde, sinon elle serait rel&#233;gu&#233;e au-del&#224; du 40&#232;me rang. A partir de l&#224;, on comprend mieux l'urgence, en plein conflit DOM, de la cr&#233;ation en mars d'un &#171; Grenelle de la mer &#187; pour cet outre-mer qui &quot;contribue pour une part importante &#224; la position privil&#233;gi&#233;e de la France sur la sc&#232;ne internationale au regard des enjeux environnementaux [et dont] la richesse [des] terres ou [des] eaux permet &#224; la France de si&#233;ger dans la quasi totalit&#233; des instances internationales de pr&#233;servation de l'environnement et de porter son message.&quot; [2]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est tr&#232;s facile, pour celui qui veut, de trouver les exemples illustrant chaque type d'int&#233;r&#234;t, dans l'ensemble, dans chaque territoire et oc&#233;an. A ceux qui continuent de propager la &#171; l&#233;gende &#187; de l'amour d&#233;sint&#233;ress&#233; de cette France qui n'a rien &#224; gagner dans son outre-mer, je leur demande de m&#233;diter cette interrogation : &#171; A l'heure de la mondialisation, est-ce que la France peut s'offrir le luxe de renoncer &#224; ses territoires ultramarins ? Je ne le crois pas &#187;. Par Alain Joyandet, secr&#233;taire d'Etat fran&#231;ais &#224; la Coop&#233;ration, le 29 mars 2009 juste apr&#232;s la proclamation des r&#233;sultats du r&#233;f&#233;rendum organis&#233; &#224; Mayotte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je me contenterais de donner, ici, quelques exemples en rappelant que dans ces territoires ultramarins se trouvent des bases d'&#233;coute et de surveillance, installations scientifiques, installations m&#233;t&#233;orologiques ou de navigation, d'importance majeure. Ces territoires sont des lieux de cantonnement de forces militaires qui peuvent intervenir rapidement dans les r&#233;gions concern&#233;es. Ils sont quasiment tous des colonies de consommation. Gr&#226;ce &#224; la ZEE, ils permettent un certain contr&#244;le des mers et une importante r&#233;serve de richesses. La France est, par exemple, en conflit avec le Canada depuis 1988, sur la d&#233;limitation de la ZEE associ&#233;e &#224; Saint-Pierre-et-Miquelon. Et, bien que le Tribunal arbitral international de New-York a tranch&#233; ce diff&#233;rend en 1992, en faveur du Canada, la France persiste &#224; cause de l'exploitation des hydrocarbures et de la p&#234;che. On peut &#233;galement signaler les richesses mini&#232;res et les d&#233;bouch&#233;s offerts aux grandes compagnies a&#233;riennes et maritimes fran&#231;aises publiques et priv&#233;es, l'activit&#233; touristique en outre-mer, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme le dit si bien Fethi Gharbi, &#171; si la France tient &#224; garder co&#251;te que co&#251;te cette petite &#238;le de 374 km2, sans ressources, ce n'est certainement pas pour les beaux yeux des Mahorais. Avec la R&#233;union, Mayotte forme une base avanc&#233;e en zone sud de l'oc&#233;an indien forte de 1500 militaires. Mayotte abrite une unit&#233; de marine ainsi qu'une unit&#233; de l&#233;gion &#233;trang&#232;re. Ces forces permettent entre autre de garder sous contr&#244;le Madagascar, Maurice, les Seychelles et les Comores et de surveiller le commerce par voie maritime qui repr&#233;sente 90% des &#233;changes commerciaux intercontinentaux. &#187;[3]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La France n'est donc pas pr&#234;te &#224; c&#233;der une once de ces territoires sans lesquels elle serait une puissance de seconde zone dans le monde d'aujourd'hui. Contrairement &#224; ce que dit la propagande officielle, c'est bien la France qui veut garder ses derni&#232;res &quot;colonies fran&#231;aises&quot;. Mais elle masque cette politique coloniale par &quot;ce sont les populations d'outre-mer qui veulent rester fran&#231;aises&quot;. Pour cela elle met en oeuvre des manipulations diverses, telles qu'interdire, &#233;touffer, &#233;liminer les voix ind&#233;pendantistes, cr&#233;er un &#171; trou noir &#187; en d&#233;stabilisant la zone g&#233;ographique, les pays proches des &quot;&#238;lots soit-disant fran&#231;ais&quot; afin de les faire appara&#238;tre comme des &#171; lieux de paix et de prosp&#233;rit&#233; &#187;. Aux Comores le mercenaire Bob Denard a rempli cette mission au nom de la France. La d&#233;stabilisation des &#238;les de la M&#233;lan&#233;sie intervient curieusement apr&#232;s qu'elles aient soutenu le FLNKS &#224; l'ONU lors de la r&#233;inscription de la Nouvelle-Cal&#233;donie sur la liste des pays &#224; d&#233;coloniser&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Laboratoire/partition Il ne faut donc pas que Mayotte &quot;se d&#233;tache&quot; de la France. En restant fran&#231;aise elle devient un &#171; mod&#232;le institutionnel &#187; applicable &#224; l'ensemble de l'outre-mer et permettant de s'opposer aux ind&#233;pendantistes. Et il y en a, le FLNKS en Kanaky (Nouvelle-Cal&#233;donie), mais aussi dans tous les autres &#171; derni&#232;res colonies fran&#231;aises &#187;. La France a peur de ce qu'on appelle la &#171; th&#233;orie des dominos &#187;, si l'un tombe il entra&#238;ne tous les autres dans sa chute. C'est l'axe g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Compte tenu que la France (gauche et droite) ne veut pas de l'ind&#233;pendance de la Nouvelle-Cal&#233;donie, elle avait tout int&#233;r&#234;t &#224; d&#233;partementaliser Mayotte avant les &#233;lections provinciales de mai 2009 en Kanaky. Elles sont, peut &#234;tre, les derni&#232;res avant le r&#233;f&#233;rendum de 2014 appelant &#224; voter &#171; pour ou contre l'ind&#233;pendance &#187;, pr&#233;vu par l'Accord de Noum&#233;a. Un pr&#233;c&#233;dent, &quot;Mayotte&quot; faciliterait ainsi la partition de Kanaky, si n&#233;cessaire. D'aucuns diront que la partition est interdite dans l'Accord de Noum&#233;a et par l'ONU... mais les Comoriens sont bien plac&#233;s pour conna&#238;tre les fausses promesses de la France. Les accords du 15 juin 1973 n'avaient pas non plus pr&#233;vu la partition des Comores par la France, qui ne respecte pas plus les r&#233;solutions de l'ONU.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En cas d'ind&#233;pendance, la partition est envisag&#233;e par les anti-ind&#233;pendantistes. La cr&#233;ation de trois provinces peut servir ce projet gr&#226;ce &#224; la province Sud, lieu principal o&#249; la France a install&#233; la colonie de peuplement (surtout depuis la fin des ann&#233;es 50, dans le contexte des guerres coloniales d'Indochine et d'Alg&#233;rie, de &#171; d&#233;colonisation &#187;, des moyens sont mis en &#339;uvre pour garder les &#171; petits &#187; DOM/TOM dans le giron fran&#231;ais). Un des crit&#232;res de s&#233;lection de ce peuplement est de favoriser la venue de personnes contre l'ind&#233;pendance. Il y a fort &#224; parier que si les provinces Nord et les Iles Loyaut&#233;s (majoritairement kanak) se prononcent pour l'ind&#233;pendance (m&#234;me si tout est fait pour contrer cette vell&#233;it&#233;), la province Sud votera contre. La France pourrait alors utiliser le m&#234;me alibi selon lequel &quot;c'est eux qui le demandent, ils veulent rester fran&#231;ais&quot;, pour valider une s&#233;cession ; la France, altruiste et respectueuse de sa constitution, ne pouvant pas les abandonner. L'hypoth&#232;se d'une f&#233;d&#233;ration interne, entre la partie ind&#233;pendante et l'autre partie &quot;fran&#231;aise&quot; de la Kanaky a &#233;t&#233; d&#233;j&#224; avanc&#233;e par un juriste sp&#233;cialiste du Pacifique, Jean-Yves Faberon[4]. Le 14 janvier 2009, dans T&#233;moignages (un journal de la R&#233;union), un juriste de l'Oc&#233;an Indien, Andr&#233; Oraison, a &#233;mis la m&#234;me hypoth&#232;se de &quot;conf&#233;d&#233;ration bilat&#233;rale&quot; entre Mayotte &quot;la Fran&#231;aise&quot; (sic) et la partie ind&#233;pendante des Comores. Mais c'est s&#251;rement une simple co&#239;ncidence, diront certains ! Moi je vois plut&#244;t l'ombre de la vieille id&#233;e de &quot;l'Union Fran&#231;aise&quot; puis de la &quot;Communaut&#233;&quot;... reconstruite autour de le &quot;Fran&#231;afrique&quot;&#8230; la France voulant garder les pouvoirs r&#233;galiens (relations ext&#233;rieures, monnaie, arm&#233;e...) puis offrir (en partie !) ses colonies dans la &#171; corbeille de mariage &#187; de l'Europe. Cette Europe un peu emb&#234;t&#233;e par le cas Mayotte, tous ses membres ayant vot&#233;, &#224; l'ONU, &#171; la n&#233;cessit&#233; de respecter l'unit&#233; et l'int&#233;grit&#233; territoriale de l'archipel des Comores, compos&#233;es des &#238;les d'Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Moh&#233;li&#8230; &#187;. D'o&#249; le dernier stratag&#232;me en date du gouvernement fran&#231;ais : l'organisation d'une fausse &quot;dissidence&quot; UMP &#224; l'&#238;le de la R&#233;union, qui rejetterait en bloc l'id&#233;e d'&#171; Assembl&#233;e unique &#187;, un des projets phare de N. Sarkozy en mati&#232;re de gouvernance, et proposerait, &#224; la place, &#171; une R&#233;gion unique R&#233;union-Mayotte &#187; (http://www.temoignages.re/objectif-reunion-et-i-ump-a-la,38047.html). Comme si la volont&#233; du pr&#233;sident Sarkozy peut &#234;tre contest&#233;e par quelqu'un &#224; droite ! En r&#233;alit&#233;, le but de la man&#339;uvre est de rendre cr&#233;dible par les &#233;lus non-UMP de l'&#238;le, cette proposition alternative, dont l'objectif vis&#233;, est de conforter le fameux &quot;encrage&quot; d&#233;finitif de Mayotte &#224; la France. La &quot;francit&#233;&quot; de La R&#233;union n'&#233;tant contest&#233; par personne, sa liaison institutionnelle avec Mayotte pourrait, dans l'esprit des concepteurs de la strat&#233;gie, rendre encore plus difficile la revendication de Mayotte par les Comores. Lors de l'&#233;t&#233; 2009 le m&#234;me stratag&#232;me est mis en place en Oc&#233;anie en proposant un &#171; collectif &#187; des assembl&#233;es de la Nouvelle-Cal&#233;donie, Polyn&#233;sie, Wallis et Futuna pour mieux se faire &#171; entendre &#187; au sein du Forum du Pacifique... et par le gouvernement fran&#231;ais !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La partition de la Guadeloupe est elle aussi en chantier ? En 2003, lorsque les territoires d'outre-mer ont &#233;t&#233; inscrits nomm&#233;ment dans la constitution fran&#231;aise, les &#238;les de Saint-Martin et Saint-Barth&#233;lemy ont &#233;t&#233; d&#233;tach&#233;s de la Guadeloupe, probablement en pr&#233;vision, entre autres, d'un &#233;ventuel succ&#232;s des ind&#233;pendantistes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut noter que la France fait feu de tout bois pour assouvir ses desseins colonialistes. Et bien entendu des universitaires sont mis &#224; contribution, formant une sorte de club tendance &quot;colonies&quot;. Les membres sont s&#233;lectionn&#233;s, tri&#233;s sur le volet et choisis par le pouvoir politique. Ils sont ensuite d&#233;ploy&#233;s pour &quot;v&#233;hiculer&quot; les th&#232;ses des pouvoirs en place qui, de droite comme de gauche, sont contre l'ind&#233;pendance des colonies ultramarines. Leur statut permet de &quot;valider&quot; et estampiller comme scientifiques les options politiques. De plus ils ont un r&#244;le majeur dans la s&#233;lection des &#233;tudiants (niveau master et doctorat) donc des futurs cadres, dans la direction et donc le contr&#244;le des recherches consid&#233;r&#233;es comme &quot;politiquement correctes&quot;... surtout dans les domaines &#171; sensibles &#187; sous surveillance ! Chaque oc&#233;an a ses sp&#233;cialistes, membres de ce club.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Laboratoire/Assembl&#233;e &#171; unique &#187; Par cette d&#233;partementalisation, Mayotte va aussi jouer un r&#244;le de laboratoire pour tester le nouveau statut souhait&#233; par le gouvernement fran&#231;ais, &#171; le mod&#232;le d'Assembl&#233;e unique &#187; pour pouvoir l'appliquer par la suite aux autres DOM. D'o&#249; la question pos&#233;e au r&#233;f&#233;rendum qui ne correspond pas &#224; celle sens&#233;e &#234;tre demand&#233;e par les Maorais : &#171; Approuvez-vous la transformation de Mayotte en une collectivit&#233; unique appel&#233;e d&#233;partement r&#233;gi par l'article 73 de la Constitution et exer&#231;ant les comp&#233;tences d&#233;volues aux d&#233;partements et aux r&#233;gions d'outre-mer ? &#187;. Mais quelle que soit la question, il est peut-&#234;tre l&#233;gitime de se demander &#224; qui elle a &#233;t&#233; pos&#233;e : aux &#171; Maorais &#187; ou &#224; tout d&#233;tenteur de la nationalit&#233; fran&#231;aise r&#233;sidant &#224; Mayotte ? A noter, tout de m&#234;me, que selon certains juristes fran&#231;ais, Mayotte &#171; n'est pas et elle ne peut pas devenir une collectivit&#233; territoriale unique de l'article 73, alin&#233;a 7, en l'absence de DOM ou de ROM pr&#233;alables. En tant qu'elle se fonde sur l'article 73, la consultation du 29 mars 2009 pourrait &#234;tre tenue pour irr&#233;guli&#232;re et on ne peut pas exclure que le d&#233;cret du 20 janvier 2009 donne lieu &#224; un recours pour exc&#232;s de pouvoir, form&#233; devant par le Conseil d'&#201;tat &#187;[5]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi donc, il appara&#238;t clairement que l'enjeu du r&#233;f&#233;rendum du 29 mars 2009 &#224; Mayotte, concerne toute &#171; la France des 3 oc&#233;ans &#187;. C'est ce qui explique l'urgence au point de ne pas tenir compte de la recommandation de Monsieur Balladur, demandant la suspension de cette consultation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La majorit&#233; des ouvrages traitant de la politique fran&#231;aise dans la France extra-hexagonale, portent sur un des territoires, une des zones g&#233;ographique, tr&#232;s rarement sur l'ensemble de l'outre-mer&#8230; Pour &#171; noyer le poisson dans cette France des trois oc&#233;ans &#187; ?. D'o&#249; l'importance d'une analyse globale et comparative qui, seule, permettrait de d&#233;montrer la politique d&#233;lib&#233;r&#233;e et les m&#233;thodes condamnables de la France pour garder ses colonies.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;ABDOU Ahmed Secr&#233;taire &#224; l'Information de l'Amicale panafricaine (AP)* et Membre d'un Collectif d'associations comoriennes de la Diaspora militant pour l'int&#233;grit&#233; territoriale des Comores dans les fronti&#232;res internationalement reconnues&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* L'AP est une association militant pour un Panafricanisme des Peuples et une &#233;mancipation des peuples africains par eux-m&#234;mes&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1. Extrait de la note d'analyse de Roch Wamytan (Pr&#233;sident du FLNKS lors de l'Accord de Noum&#233;a en 1998) sur &#171; la r&#233;vision constitutionnelle du 17 mars 2003, au regard du droit international des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes &#187;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2. Document de pr&#233;sentation du &quot;Plan d'action Outre-mer&quot; du Grenelle de l'environnement, Secr&#233;tariat d'&#233;tat &#224; l'Outre-Mer - octobre 2007.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3. &#171; Mayotte, l'&#238;le de la mort &#187; - Le Grand Soir, 8 avril 2009 (http://www.legrandsoir.info/article8349.html)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4. Faberon &#171; L'id&#233;e f&#233;d&#233;rale en Nouvelle Cal&#233;donie depuis les accords de Matignon &#187; in &#171; la Nouvelle-Caledonie : 20 ann&#233;es de concorde, 1988-2008, paris, Publications de la SFHOM 2009 &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5. &#171; La prochaine consultation sur l'&#233;volution statutaire de Mayotte &#187; par Olivier Gohin, professeur &#224; l'universit&#233; Panth&#233;on-Assas (Paris II) (La Semaine Juridique - Administrations et Collectivit&#233;s territoriales n&#176; 11, 9 Mars 2009, act. 289).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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